L’écologie, une nouvelle religion ?

Le combat écologique a bel et bien quelque chose de religieux qui peut réunir au-delà de toutes les frontières.

La religion nous aide à chercher Dieu, et non à croire qu’on l’a trouvé. Le mystique, dit le Pape dans Laudato si’, « sent que Dieu est en toute chose ».

Jeudi dernier, 3 septembre, le pape François a reçu la visite de quinze personnalités françaises. Parmi elles, l’actrice Juliette Binoche, le chercheur Pablo Servigne, l’économiste jésuite Gaël Giraud. Ils sont arrivés dans la Ville éternelle après vingt heures de voyage en train et en car, développement durable oblige. Tous ne se réclament pas de l’Église. Ce qui les unissait, c’était une même foi écologique.

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Le christianisme est un humanisme

Après les dieux, Dieu avait pris une majuscule, puis ce fut l’Homme, maintenant, c’est la Nature.

« L’originalité du christianisme est d’être un humanisme, même s’il n’est pas le seul, pas plus qu’il n’est le seul monothéisme ou la seule spiritualité. » Photo : capture d’écran, journal Dimanche

L’humanisme recule face au naturalisme. On reproche à l’homme son spécisme (Idéologie qui postule une hiérarchie entre les espèces, spécialement la supériorité de l’être humain sur les animaux) : pourquoi donc se met-il à part du monde animal, se voulant toujours supérieur ? Il est un vivant parmi les autres. Sans plus. D’un autre côté, on le mesure à la machine : pourquoi se réserve-t-il le monopole de la conscience ? La machine ne serait-.elle pas aussi intelligente que lui ?

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La présence réelle du Christ au monde

L’Eucharistie n’est ni une cérémonie, ni un culte. Elle célèbre une manière de vivre.

Les églises ont été vides durant trois mois. L’étaient-elles parce que les croyants étaient sortis annoncer la Bonne Nouvelle ? Cela dit avec humour, bien sûr. Il est bon cependant de se rappeler que, si le Christ frappe à la porte de l’Église, comme aime dire le pape François, ce n’est pas pour entrer y retrouver ceux qui le prient, mais pour qu’ils le laissent sortir. Et, ajouterai-je, pour qu’ils sortent avec lui. La Pentecôte est la fête des portes ouvertes.

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Méditation pour un Vendredi saint

« J’aime la mort du même amour que la vie », écrivait déjà Roger Garaudy de manière paradoxale. Ces temps ne sont-ils pas propices à ce genre de réflexion, la mort nous menaçant tous, déguisée en un invisible virus ?

C’est bouleversé que j’entame cette chronique. Profitant de ce confinement où le rythme de nos vies change, je lis les Cinq méditations sur la mort, de François Cheng. Autrement dit sur la vie, précise-t-il dès la couverture. « J’aime la mort du même amour que la vie », écrivait déjà Roger Garaudy de manière paradoxale. Ces temps ne sont-ils pas propices à ce genre de réflexion, la mort nous menaçant tous, déguisée en un invisible virus ?

La mort est notre seule certitude à nous, les vivants. Et, en même temps, notre plus grande incertitude, car nous ne savons ni le jour, ni l’heure, ni le comment, et c’est sans doute une bonne chose. Cette interrogation lancinante nous rejoint parfois à un moment inattendu. Je pense à Anne Philippe qui, dans Le temps d’un soupir, évoque le décès de son mari, le grand comédien Gérard Philippe. « Je ne savais pas que je venais de te voir pour la dernière fois« , se rappelle-t-elle. Et dans Un été au bord de la mer, écrit longtemps après, elle précise que c’est souvent dans les expériences d’intense bonheur que nous surprend l’idée de la mort.

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« Dieu », ce mot qui fait fuir…

Dieu, ce mot peut justifier le pire, mais aussi le meilleur. Mère Teresa, par exemple, en a fait le moteur de son action…

Aujourd’hui, le mot Dieu ferme bien des oreilles. Par contre, si je me mets à parler d’énergie intérieure, on commence à m’écouter.

« Le langage est source de malentendu. » C’est le renard du Petit Prince qui l’a dit. Il avait raison. Pour qu’une conversation s’emballe, un seul mot suffit parfois, car il a de multiples significations ! Prendre une feuille de papier et y jeter quelques termes qu’on lui associe permettra à chacun d’exprimer ce qu’il mettait sous ce vocable. On sera bien étonné.

Ainsi pour le mot Dieu. Il pose problème aujourd’hui au point qu’on n’ose plus l’employer. Il ferme bien des oreilles. Il renvoie trop à la religion, cette dernière étant, par un de ces simplismes historiques courants, l’objet d’un amalgame avec les Croisades ou autres dérapages. Le Gott mit uns est tristement célèbre et le In God we trust du dollar américain n’est pas moins ambigu. Ce mot peut donc sembler dangereux et peut justifier le pire, mais aussi le meilleur. Mère Teresa, par exemple, en a fait le moteur de son action.

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