« Qui perd gagne »

« Qui perd gagne » – 13° dimanche, Année A

«Qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera». (Matthieu 10, 37-42)

Qui accepte de « perdre » un peu de son confort de vie au nom du Christ et de Son Évangile, « gagne » bien davantage – car il devient spirituellement plus vivant.

Avec le début des mois d’été, beaucoup vont tenter de prendre du repos, après le confinement et la pandémie. Nous en avons besoin.

Attention cependant de faire du loisir et des vacances l’idéal de notre vie. Vivre uniquement en fonction d’un épanouissement égoïste, est un piège. Bien vite, cette « vie de rêve » étouffe l’âme. Seul ce qui nous tire vers le Haut, offre un bonheur durable. Et souvent, ceci passe par le renoncement, voire le sacrifice : aider son prochain, servir les plus démunis, vivre radicalement les Béatitudes,…

Qui accepte de « perdre » un peu de son confort de vie au nom du Christ et de Son Évangile, « gagne » bien davantage – car il devient spirituellement plus vivant.

Homélie de ce dimanche de Pentecôte (RTBF)

« Ce sera toujours par nos paroles et nos gestes – non pas paternalistes, mais bien maternants – que l’Esprit de Dieu se révélera dans notre monde. (…) Avec de telles paroles libres, qui libèrent, et des gestes qui prennent soin, nous rendons alors enfin à Dieu la liberté d’être ce qu’il est ! Loin de notre langage parfois trop religieux, cloisonnant le divin dans des pratiques ou des formules. « 

« Les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par peur. »

Il n’y a pas que les petits enfants qui se réfugient dans leur chambre. Les Apôtres, eux aussi, ont fermé la porte à double tour et se sont enfermés, comme s’ils voulaient ne voir personne. Nous le savons, il y a des confinements nécessaires – aussi difficiles qu’indispensables – mais il y a toutes ces fois où nous nous enfermons intérieurement. Pas simplement pour fuir. Mais seulement pour ne pas affronter la réalité, par manque de courage ou de force…

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La joie, une boussole pour nos chemins de vie

Homélie de ce 6 janvier 2019, jour de l’Épiphanie du Seigneur. http://www.lejourduseigneur.com

Céramique réalisée par les jeunes lors de la retraite à la préparation à la confirmation

Ce récit plein de magie que nous venons d’entendre nous rappelle que le ciel et les astres ont toujours eu une place privilégiée dans l’imaginaire des hommes. Chez beaucoup de nos contemporains, il y a d’ailleurs comme un mage qui sommeille, qui croit « à sa bonne étoile », qui éprouve ce besoin de sécurité, celle d’une présence céleste qui offrirait des certitudes : un Dieu dans les étoiles, à lire comme un horoscope, un dieu sidérant en quelque sorte ! Sidérer —et la racine du mot le dit— signifie subir l’influence des astres. Un dieu sidérant serait comme une énigme à déchiffrer, qui offrirait un destin tout tracé à l’humain.

Voilà l’image d’un Dieu qui ne se trouve absolument pas à contempler dans la crèche. En cette fête de l’épiphanie, le Christ se révèle au monde sans éclat, sans brillance, mais seulement dans la tendresse et la fragilité. Pour le contempler, prenons alors le chemin qu’ont emprunté les mages ! Déplions la carte de notre vie, avec la boussole de notre joie. Creusons en nous notre propre désir et suivons les mages. Ces derniers ont su quitter leur zone de confort, pour découvrir un autre visage de Dieu. Prendre leur chemin, c’est d’abord oser prendre des risques… Nous l’avons entendu : les mages sont arrivés d’abord à Jérusalem, alors que l’étoile leur indiquait Bethléem. Ils sont arrivés au lieu du pouvoir, de la religiosité, alors que l’étoile pointait vers le lieu de la fragilité. Nos vies sont ainsi faites d’errances, mais elles ne se réduisent pas à nos échecs et nos erreurs. Prendre le chemin des mages, c’est quitter le lieu des sages, abandonner nos raisonnements trop humains, pour découvrir un Dieu autrement divin, un Dieu libre, inouï, qui se laisse découvrir dans une crèche, c’est-à-dire dans n’importe quel lieu d’enfantement, d’ouverture, de possible et de promesse. Prendre le chemin des mages, c’est en fait désirer en vérité : quitter l’idéalisation, pour découvrir que tout être aimé, quel qu’il soit, nous échappe, nous surprend. En effet, désirer quelqu’un, c’est l’aimer comme autre, comme une personne qui ne peut correspondre à nos rêves et nos envies. Désirer Dieu, c’est donc accepter d’être dérouté, amené sur des chemins imprévus, pour l’accueillir dans chaque visage. Désirer Dieu, c’est lui donner d’être ce qu’il est —dans la finitude et l’incertitude— et pas l’imaginer que nous voulons qu’il soit.

Le chemin des mages nous conduit donc à la crèche : là où s’arrête l’étoile, mais là où une autre étoile, celle du Christ, prend le relais pour nous guider. La crèche est donc ce lieu où nos rêves, nos idéaux s’arrêtent, mais où nos projets, notre avenir peuvent se faire « présents ». Alors, à nous de prendre le chemin des mages pour offrir, malgré les aléas de la vie, une clarté naissante à notre monde, pour donner notre or, notre encens, notre myrrhe. Voilà les trois dons que je vous invite sans cesse à garder présents dans vos rencontres tout au long de cette année !

Quelle que soit notre histoire, nous aurons toujours une peu d’or à donner. L’or de notre temps, ce bien le plus précieux, que nous avons tous, et qui n’a de valeur qu’à mesure où il se donne. Oui, offrons notre temps, là où il y a un lieu d’enfantement, là où un projet peut renaître !

Quels que soient nos talents, nous avons tous, aussi, un peu d’encens à ajouter dans notre vie. Quel est cet encens ?  Peut-être cette capacité à mettre un goût divin à nos relations, un parfum de joie, qui vient ajouter de la hauteur dans la banalité du quotidien, qui remet du mystère, là où tout semble fermé.

Quel que soit notre âge, nous pouvons toujours offrir de la myrrhe dans notre présent. La myrrhe est ce qui embaume les morts. Elle est notre capacité à dépasser des histoires douloureuses, à faire dans notre vie des deuils féconds, à tourner la page, à traverser l’échec, pour que notre présent redevienne un don.

Alors, en ce début d’année, prenons ce chemin des mages, laissons-nous surprendre et dérouter par ce que nous n’attendons pas. Et si nous avons l’impression de stagner, d’être bloqués, c’est peut-être qu’il y justement a en face de nous une crèche, un nouveau chemin d’enfantement, qui nous invite à faire de notre vie un don, un présent. Amen

Frère Didier Croonenberghs

Fête de l’Assomption de notre Unité pastorale

C’est à la grotte d’Opont que cette année les membres de l’Unité pastorale se sont retrouvés pour fêter ensemble l’Assomption de la Vierge Marie.

Cette fête s’articulait autour de 3 temps forts :

  • Le pèlerinage de Paliseul vers Opont.
  • La célébration liturgique à la grotte d’Opont.
  • Un temps plus festif, de rencontre, à travers un apéritif partagé.

Merci à toutes les bonnes volontés qui ont fait de cette fête mariale une belle réussite. Merci à Étienne W. pour sa fructueuse collaboration.

L’homélie du jour

(Luc, 1, 39 – 56 )

La piété mariale, très importante, a pourtant été source de conflit surtout avec nos frères Protestants. Parce que la piété mariale était isolée d’un contexte théologique par un développement du dogme marial centré, dans la pratique, trop exclusivement sur Marie.

Quel est ce dogme ? Il se décline en 4 temps, comme 4 traits du visage de Marie :

  • Virginité : elle est déjà présente dans les formules de la foi du 2ème siècle pour souligner la fidélité de Marie à sa vocation : Latran 1215, Lyon 1274.
  • Mère de Dieu : Éphèse 431 pour conforter la divinité de Jésus.
  • Immaculée Conception : le pape Pie IX, en 1854, dans une bulle pontificale « Ineffabilis Deus » pour souligner le refus de Marie de toute compromission avec le péché.
  • Assomption : Pie XII en 1950 : Marie participe à la gloire de Jésus.

Aujourd’hui, il y a plus de simplicité dans l’expression de la doctrine mariale pour la situer dans un contexte théologique plus large et dans une communauté de foi avec mise en valeur de l’intensité du pèlerinage de foi de Marie, elle, la juste, ajustée au projet de Dieu :

  • Le fiat de l’annonciation : bienheureuse celle qui a cru (Elisabeth), confiance jusqu’à la vision douloureuse du Christ en croix.
  • La proximité avec chacun d’entre nous, dans le clair-obscur et les souffrances de la foi : elle s’interroge sur Jésus mais toujours elle fait confiance.
  • Elle est la croyante qui nous montre le chemin de la vie et nous précède sur ce chemin participant déjà de la gloire de son Fils.
  • Elle nous dévoile dans son magnificat le projet de Dieu d’une humanité réconciliée : « Il disperse les superbes, renverse les puissants de leur trône, élève les humbles, comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides ».

Avec l’assomption de Marie, d’une part, l’Église du Christ voit s’inaugurer la victoire sur les forces du mal que sont le péché et la mort ; d’autre part, l’Église annonce la participation du chrétien à la résurrection du Christ.

Oui, il est important de contempler le sens de la vie de Marie, mais il est surtout nécessaire de fréquenter Marie, car elle est la mère du Christ, lui le Verbe de Dieu.

Abbé Michel Vincent

Homélie du jour de Pâques pour notre Unité pastorale

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn, 20, 1 – 9)

– Après la dernière Cène et ce geste de « serviteur » (Jn, 13,1–21), c’est la longue nuit pour Jésus, suivie pour lui de l’inconnu : il est abandonné des siens, trahi, renié, jugé, condamné, mis à mort ; il crie son désarroi à son Père, sa détresse et sa souffrance « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » (Mt, 27,46 b),  mais il fait  confiance : « Entre entre tes mains, je remets mon esprit » (Luc, 23, 45).

C’est la nuit de ceux qui souffrent : ceux qui sont en guerre, ceux qui sont écrasés par les dictateurs, ceux qui sont privés injustement de liberté, ceux qui sont victimes d’un libéralisme débridé, ceux qui sont bafoués dans leur dignité.

C’est notre nuit quand nous sommes complices d’injustice, de racisme, d’indifférence.

– Mais voilà que des témoins nous disent que Dieu a ouvert une brèche, que Dieu a créé un chemin d’espérance. Il a fait la Pâque, le passage : Jésus est Vivant : la nuit n’est pas définitive. Il y a vie, un VIVANT.

C’est cette vie que nous proclamons quand nous disons que le Christ est ressuscité. Dire la résurrection, c’est établir de nouvelles relations avec les autres, ajuster sa vie sur l’Évangile, faire tout jusqu’à donner sa vie pour l’homme debout, croire en Dieu dont l’amour est à ce point qu’Il veut l’homme vivant.

– Et nous, nous annonçons la Résurrection quand nous pardonnons, accueillons,  luttons contre la violence, contre les injustices, quand nous  aimons l’autre dans sa différence.

Alors  nous ressuscitons parce que nous passons de nous-mêmes aux autres, à Dieu. Cette pâque, ce passage, il peut nous être quotidien.

Abbé Michel Vincent