Que les liens sociaux nous ont manqué et nous manquent encore ! L’absence révèle parfois combien la présence de l’autre nous est précieuse. C’est certainement le cas avec nos communautés paroissiales. Oui, nous avons redécouvert combien la Communion des Saints nous garde bien unis les uns aux autres, mais que nous serons heureux de revoir le sourire de Raoul et les yeux pétillants de Françoise, d’entendre la voix chantante de Joseph ou le rire de Nathalie ! Même les petits défauts des uns et des autres viendraient presque à nous manquer !
Et que dire de nos groupes de caté, de nos collègues catéchètes ? Nous avons été
coupés en plein élan : nous étions si proches des célébrations ! Comme nous nous sentons pauvres, dépouillés de nos certitudes et de nos planifications ! Continuer à lire « Pistes pour vivre l’Ascension et la Pentecôte »→
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse d’être bouleversé et de craindre… »
Évangile de Jean 14, 15-21
Si vous m’aimez : La paix
L’évangile d’aujourd’hui est la suite directe de celui de dimanche passé : c’est la première partie du grand discours d’adieu de Jésus à ses disciples consacré à les guérir de leur panique et à les établir dans une confiance inébranlable. Un seul moyen : « Croyez en moi comme vous croyez en Dieu ». Donc ne lisons pas cet enseignement comme une information mais comme la base à adopter pour trouver la paix.
Églises vides et sacrements annulés. La crise actuelle affecte directement la vie de nos communautés. Mais elle suscite aussi des initiatives nouvelles et des gestes de solidarité. Derrière le drame se cache une opportunité. Et si c’était l’occasion d’inventer les paroisses de demain?
Penser l’après. Témoignages de personnes connues ou moins connues, espoirs pour notre société à venir.
Y aura-t-il un avant et un après ? « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » (Gandhi). A côté du « Il faudrait que… », qu’en sera-t-il à notre niveau personnel ?
Colette Nys-Mazure, écrivaine
Cette crise sanitaire risque de creuser le fossé entre privilégiés (espace, nature, ressources culturelles et familiales) et non privilégiés (surpeuplement de lieux étriqués dans la promiscuité d’immeubles bruyants, sous la pression d’adolescents et d’enfants qui exigent beaucoup d’attention). Sans parler de la fascination des écrans.
Si nous y arrivons, elle peut contribuer à rétablir une hygiène de vie, qui risquait de disparaître dans la course quotidienne, la pub pour la consommation, le profit, la jouissance immédiate.
Je suis émerveillée par les initiatives qui surgissent de partout, en vue de la solidarité et de la créativité. La seule chose à faire est de tenter de vivre au mieux ce qu’il nous est donné de vivre, non pas tout seul mais en communion. Ces semaines nous invitent à l’entraide, alors qu’on se soucie trop peu de la situation des réfugiés, tellement plus menacés que nous.
Colette Nys-Mazure
Extrait du journal Dimanche 5 avril 2020 n° 14 – « Dans l’antre de la création. » page 13