Héritier

Johannes de Habsbourg ( Photo La Libre.be )

Johannes de Habsbourg, archiduc d’Autriche, arrière-petit-fils de l’empereur Charles, a été ordonné prêtre.

Dans une société où la réussite personnelle se mesure à l’accumulation de biens matériels et à une quête effrénée d’ascension sociale, le parcours de Johannes de Habsbourg, 37 ans, a de quoi interpeller. Héritier de la dynastie autrichienne des Habsbourg, il est un jeune banquier prometteur. Dans un article lui étant consacré, on pouvait lire dans La Libre Belgique du 14 novembre dernier : « Je dis quelque chose de grave, mais quand on éprouve un vide en soi, c’est une grande grâce, car cela a la vertu de te montrer ce qui, au fond, ne te satisfera jamais. Eh bien moi, je bénirai Dieu d’avoir pu vivre une phase à la banque, et de me dire : mais ce n’est pas cela la vie, cela ne me remplit pas, malgré les perspectives. » Il s’éloigne progressivement des valeurs occidentales dominantes et entre dans les ordres.

La chaîne KTO lui a dédié un reportage la semaine dernière.

https://www.ktotv.com/video/00263136/heritier

A travers son quotidien de prêtre récemment ordonné, nous découvrons une vision singulière du monde portée par la communauté Eucharistein. Héritée du christianisme, inscrite dans la réalité quotidienne et toujours en lien avec le monde extérieur, celle-ci fait écho au propre parcours de Johannes.

Avec Novembre, l’hiver est à nos portes!

Ce mois de Novembre nous invite à penser à nos défunts! Il coïncide avec l’arrivée des journées sombres, et des longues soirées au coin du feu! Profitons-en pour prier et nous recentrer sur les valeurs familiales, si essentielles à notre bien-être humain et spirituel! Bon mois de Novembre à tous!

175 ans de présence des Frères à Carlsbourg

« Arrivée des 6 premiers Frères à Carlsbourg ». Cette céramique fut réalisée par Fernande Dury, lors du 150ème anniversaire de l’Institut Saint-Joseph en 1994.

Nous fêtons, ce lundi 7 octobre 2019, les 175 ans de l’arrivée des 6 premiers Frères des Écoles Chrétiennes à Carlsbourg !

Bref historique non exhaustif.

C’est à Monseigneur Dehesselle, Évêque de Namur, que revient l’initiative du choix du petit manoir des anciens ducs de Bouillon : Saussure, devenu Carlsbourg depuis 1757.

C’est ainsi que le 7 octobre 1844, en pittoresque équipage – un antique char à bancs – six rabats blancs faisaient leur entrée à Carlsbourg accueillis par monsieur le curé Dupuis et quelques anciens du village.

La première communauté était dirigée par le Frère Ingaud. Français d’origine, c’est à lui et à ses compagnons que revient le mérite d’avoir posé la base de l’édifice dans des conditions vraiment difficiles, au point de devoir séjourner les 10 premiers jours à l’auberge Moline, en attendant l’arrivée de modestes meubles et quelques aménagements urgents.

A l’ouverture des cours le 2 novembre 1844, les 35 élèves présents logeaient sous les combles dans d’étroites mansardes. Les salles du château, fort peu adaptées aux besoins scolaires, étaient converties tant bien que mal en classes. La demeure se trouvait fort isolée dans une Ardenne âpre et pauvre. C’était encore l’âge des diligences et quand sera créée la première voie ferrée traversant la province de Luxembourg (en octobre 1858), il faudra 5 heures de marche, par de mauvais chemins, pour atteindre les gares les plus proches : Libramont ou Poix-Saint-Hubert.

Au départ du Frère Mémoire en 1876, le nombre d’élèves de l’Établissement dépassait les 400 et étaient pris en charge par une trentaine de Frères.

En parcourant les registres communautaires, on peut affirmer que plus de 500 Frères ont œuvré à l’Institut ; certains n’ont fait que passer mais beaucoup y ont consacré le meilleur de leurs forces !

Depuis 1979, la communauté des Frères est de plus en plus réduite. Déjà à partir des années quarante, les professeurs laïcs ont été progressivement et de plus en plus étroitement associés à l’œuvre éducatrice confiée au départ aux Frères.

Aujourd’hui, il subsiste 2 Frères à Carlsbourg. La population scolaire de l’École s’élève à 440 élèves et l’équipe éducative est sous la direction de madame Dierick, première femme directrice à l’Institut.

Merci aux Frères des Écoles Chrétiennes d’avoir répondu à la demande de l’Évêque de Namur (Mgr Dehesselle) et ainsi permis à de nombreuses générations de jeunes de bénéficier, aujourd’hui encore,  du génie pédagogique, ancré dans la révélation chrétienne,  du fondateur des Frères des Ecoles Chrétiennes, Jean Baptiste de la Salle.

FoCeLux : 28ème session de formation à Libramont

Willoos : « Vert l’avenir »

Depuis 1992, une petite équipe de chrétiens du centre de la province organise, chaque année en septembre – octobre, une session de formation pour essayer de rendre plus vraie la relation entre l’Évangile et la réalité quotidienne, dans une lecture ouverte de Vatican II. L’Église d’aujourd’hui est marquée par des problèmes récurrents : pédophilie, cléricalisme, finances mafieuses, désertion des lieux de culte, place des femmes, place des laïcs… ! Ces réalités ne datent pas de ce jour, mais remontent pratiquement aux origines de l’Église. Une bonne compréhension des causes profondes de la situation actuelle peut probablement nous permettre de retrouver les saveurs et les piments du message originel de Jésus et ainsi, par notre engagement, en imprégner le monde.

Le programme de cette année

  • Jeudi 26 septembre: Qu’on fait les premières communautés chrétiennes du message de Jésus et de Jésus lui-même ? En quoi cela nous influence-t-il encore aujourd’hui ? Par Thierry TILQUIN, théologien.
  • Jeudi 3 octobre: Le féminin et le masculin dans l’Église de demain ? Par Sœur Liliane LAMBERT, pédagogue.
  • Jeudi 10 octobre: Quel est le message originel du Jésus historique ? Par Jean-Claude BRAU, bibliste.
  • Jeudi 17 octobre : La pensée de Maurice Bellet… Vers de nouvelles communautés aujourd’hui ? Par Myriam TONUS, théologienne et écrivaine.
  • Jeudi 24 octobre : Lectures communautaires d’évangile aujourd’hui, mais quelles lectures ? Par Jean-Claude BRAU, bibliste.

Les conférences, suivies de débats, ont lieu à l’Institut Saint-Joseph – Rue de Bonance 11 – Libramont de 20 à 22H00. Contacts : 061/222.590

Joyeux dans l’Espérance

Joseph BURGRAFF, qui a des attaches dans la région de Paliseul, est religieux dans la congrégation missionnaire des Pères Spiritains. Les Spiritains, appelés également missionnaires du Saint-Esprit, forment une congrégation cléricale missionnaire particulièrement développée en Afrique.

« Joyeux dans l’Espérance » est un bulletin trimestriel des Pères Spiritains

Chaque trimestre, il publie un bulletin d’amitié intitulé “Joyeux dans l’Espérance”. Il y signe des éditos toujours pleins de sens et… d’Espérance. Nous vous proposons de publier sur notre site, à fréquence régulière, les éditos du Père Joseph BURGRAFF.

 

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Joyeux dans l’Espérance

Trait d’union entre les Spiritains et leurs amis, familles, bienfaiteurs

Ediorial de septembre 2019.

Des témoins, pas des héros

Les martyrs de Kongolo ne font pas beaucoup de bruit. Vraiment pas. Mais ils ont leur mémorial à Gentinnes. Des visiteurs ou de curieux continuent à nous poser des questions sur leur parcours et les circonstances de leur mort tragique.
Bref rappel des faits. Le 1er janvier 1962, vingt missionnaires spiritains tombent à Kongolo. Leurs corps, déchiquetés, sont jetés au fleuve. Pourquoi ont-ils été tués ? Personne ne pourra jamais dire ce qui se passait dans la tête de ceux qui tenaient la gâchette. Par contre, on sait pourquoi les missionnaires étaient là : parce que, après discussion en communauté, ils avaient décidé de rester à Kongolo, avec des personnes menacées et des réfugiés qui avaient trouvé asile chez eux. Ils savaient qu’ils mettaient leur vie en danger en refusant de partir. Un berger n’abandonne pas ses brebis.
Les martyrs de Kongolo sont-ils des martyrs, au sens strict ??? Et qu’est-ce qu’un martyre ? Ce n’est pas un exploit personnel, mais l’aboutissement d’un choix de vie. Une vie donnée, mains et coeur largement ouverts. Le martyr, c’est l’innocent mis à mort à cause de ce à quoi il croit, c’est-à-dire à l’amour plus fort que la haine.
Dans un document de 2017, le pape François élargit la notion de martyr : ce sont des hommes et des femmes qui prennent lucidement des risques pour être témoins d’un Dieu qui est présent parmi les plus pauvres. Les martyrs de Kongolo ont fait un choix très clair, et pas facile : rester, malgré le danger, avec les réfugiés et les pauvres.
Leur décision montre clairement le choix des martyrs : défense des droits humains fondamentaux, défense de la vie, choix pour la non-violence, choix pour le désarmement. Ils sont témoins d’un Dieu désarmé.
On parle parfois d’un martyre blanc (sans effusion de sang), qui consiste à sortir des ilots de prospérité et de confort, sortir de l’indifférence, refuser l’inhospitalité. Quitter les eaux tranquilles des certitudes, des sécurités et partir… à la rencontre de l’autre, à la rencontre du pauvre, à la rencontre du Dieu désarmé. Le martyr vit l’Evangile jusqu’au bout. Il est au service des humains en détresse. En Afrique, en Amérique Latine, en Europe. En Méditerranée, et parmi les clandestins qui traversent notre pays à la recherche d’un improbable Eldorado.
Des hommes et des femmes exceptionnels donnent leur vie, et ainsi donnent la vie à travers le don total. La mort fait son oeuvre en nous pour que la vie jaillisse… (1 Co,4,28)
Un mot du pape François, pour résumer (EG 24) : Le témoin de l’Evangile, le disciple, sait offrir sa vie entière et la jouer jusqu’au martyre comme témoignage de Jésus-Christ ; son rêve n’est pas d’avoir beaucoup d’ennemis, mais plutôt que la Parole soit accueillie et manifeste sa puissance libératrice et rénovatrice.
Des héros alors ? Non, des témoins d’un Dieu de tendresse et de pitié, qui, par eux, est présent parmi ceux qui souffrent, et vient partager leur sort. Des disciples. Des disciples-missionnaires avant la lettre.
Père Joseph BURGRAFF