Églises vides et sacrements annulés. La crise actuelle affecte directement la vie de nos communautés. Mais elle suscite aussi des initiatives nouvelles et des gestes de solidarité. Derrière le drame se cache une opportunité. Et si c’était l’occasion d’inventer les paroisses de demain?
Penser l’après. Témoignages de personnes connues ou moins connues, espoirs pour notre société à venir.
Y aura-t-il un avant et un après ? « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » (Gandhi). A côté du « Il faudrait que… », qu’en sera-t-il à notre niveau personnel ?
Colette Nys-Mazure, écrivaine
Cette crise sanitaire risque de creuser le fossé entre privilégiés (espace, nature, ressources culturelles et familiales) et non privilégiés (surpeuplement de lieux étriqués dans la promiscuité d’immeubles bruyants, sous la pression d’adolescents et d’enfants qui exigent beaucoup d’attention). Sans parler de la fascination des écrans.
Si nous y arrivons, elle peut contribuer à rétablir une hygiène de vie, qui risquait de disparaître dans la course quotidienne, la pub pour la consommation, le profit, la jouissance immédiate.
Je suis émerveillée par les initiatives qui surgissent de partout, en vue de la solidarité et de la créativité. La seule chose à faire est de tenter de vivre au mieux ce qu’il nous est donné de vivre, non pas tout seul mais en communion. Ces semaines nous invitent à l’entraide, alors qu’on se soucie trop peu de la situation des réfugiés, tellement plus menacés que nous.
Colette Nys-Mazure
Extrait du journal Dimanche 5 avril 2020 n° 14 – « Dans l’antre de la création. » page 13
« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » Jean 14, 1-12
Évangile de Jean 14, 1-12
Ne soyez pas bouleversés
Ces deux dimanches, avec le chapitre 14 de Jean, nous écoutons la première partie du grand discours d’adieu de Jésus. Son ultime soirée avec ses disciples est catastrophique : le Maître vénéré s’est mis à genoux devant eux pour leur laver les pieds, puis il leur a ordonné d’agir de la même façon entre eux, puis il a blêmi en leur annonçant que l’un d’entre eux allait le trahir, il a partagé le pain et tout à coup Judas s’est levé et s’est enfui dans la nuit, enfin Jésus leur a révélé qu’il allait les quitter et malgré ses dénégations, il a prédit à Simon Pierre qu’il allait le renier.
Un véritable tsunami ! A quelques jours de l’entrée triomphale des Rameaux, tous les rêves de grandeur des disciples s’effondrent. C’est le désarroi total, l’effondrement général.
Que votre cœur ne soit pas bouleversé ! : L’exhortation, répétée au verset 28, encadre le texte et donne le thème. Le verbe est très fort : il est utilisé pour les tempêtes. Pire qu’un trouble : une panique. Comment tenir ? Un seul moyen : croire. Le verbe va revenir tout au long.
Penser l’après. Témoignages de personnes connues ou moins connues, espoirs pour notre société à venir.
Y aura-t-il un avant et un après ? « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » (Gandhi). A côté du « Il faudrait que… », qu’en sera-t-il à notre niveau personnel ?
« Des chemins qui comptaient pour moi se renforcent au-delà de toute imagination. Cette compagne qu’est l’écriture, jamais je ne l’abandonnerai. La célébration est aussi mon obsession. Pendant la crise, j’ai été confronté à la souffrance du symbolique qui ne peut pas s’exprimer. Je ne mesurais pas à quel point la célébration est vitale. Et quel point s’en passer est un traumatisme fondamental. »
La Bible illustre toute une évolution dans la perception de Dieu et ses répercussions éthiques, jusqu’au Dieu des Béatitudes et de l’amour du prochain proclamé par le Christ.
Les prédicateurs de haine auront su tirer profit du coronavirus. Bien que minoritaires, ils ne sont pas isolés et répandent leur prêche sur YouTube ou les réseaux sociaux. Pour tel pasteur, le virus a d’abord châtié la Chine « à causedu communisme impie qui maltraite leschrétiens« . Pour tel imam, c’est la persécution des musulmans ouïgours par les Chinois qui justifie la « malédiction d’Allah”. Pour tel rabbin, le fléau est à attribuer aux homosexuels car « le Créateurde la nature se venge contre ceux quisont contre nature« . Pour tel curé, Dieu réprime tous ceux qui vivent « dans lepéché et la turpitude humaine ».