Message de Mgr Lejeusne – Vœux et clôture de l’année sainte

Chers frères et sœurs, chers amis,
cette année 2025 a été marquée par le jubilé de l’espérance. Un jubilé voulu par le pape François et poursuivi avec le pape Léon XIV.Ce jubilé a débuté le 24 décembre dernier avec l’ouverture de la porte sainte à Saint-Pierre.
Notre espérance est fondée en Christ. Dieu fait homme. Dieu qui se fait proche de nous. Dieu qui épouse notre humanité par amour de celle-ci. C’est cela que nous nous apprêtons à célébrer dans quelques jours avec les fêtes de Noël. Vous avez été nombreux à répondre à l’invitation du pape pour célébrer les différents jubilés. Que ce soit celui des artistes, des diacres, des adolescents ou des jeunes, qui a rassemblé cet été plus d’un million de personnes, le jubilé des familles : enfants, parents, grands-parents, petits-enfants ; le jubilé du monde de la santé, les soignants, les personnes malades ou les personnes porteuses d’un handicap. Bien d’autres jubilés, je pense notamment aux catéchistes, ou aux servants d’autel. Bref, ce jubilé a concerné toute l’Eglise, et chacun d’entre vous en particulier. Nous allons dans quelques jours, le 28 décembre prochain, ici, à la cathédrale Saint-Aubain, à 15h, clôturer cette année jubilaire. Et je voudrais vous inviter, vous tous qui avez célébré à Saint-Hubert ou à Walcourt, ou encore à Beauraing, et bien sûr ici à la cathédrale, je vous invite à nous rassembler pour fêter ensemble la clôture de ce jubilé. Il ne s’agit pas de mettre un terme à cette année et encore moins à l’espérance qui nous habite, mais au contraire, ensemble, de nous tourner vers 2026 forts de cette espérance qui nous a fait avancer, qui nous a fait vivre et qui continue à nous faire vivre toute cette année. Ce passage de 2025 à 2026, vous allez le vivre en famille souvent ou peut-être au travail. Je voudrais souhaiter à chacun d’entre vous, où que vous soyez, quelle que soit votre situation, une belle entrée dans cette année 2026.Puissiez-vous y faire vivre l’espérance en vous-même et autour de vous.
Frères et sœurs, à chacun, je souhaite une belle fête de Noël et une bonne entrée dans cette nouvelle année 2026.
Mgr Fabien Lejeusne, 
Evêque de Namur
http://www.diocecedenamur.be

Noël et Blanche Neige

La tentation de toutes les religions a toujours été de mettre les humains en règle avec la divinité par un ensemble de rites. Désormais, avec Noël, pour rejoindre Dieu, l’amour suffit.

Les magasins sont un repère sûr : Noël est aux portes. Le récit de la Nativité a quelque chose de merveilleux, de magique aux yeux des enfants. Ils sont séduits et aiment entendre l’histoire de la crèche. Mais attention, Noël n’est pas un vieux conte de notre enfance, tel celui de Blanche Neige, mais fête un événement. Sinon, pourquoi les historiens continueraient-ils à s’interroger sur la date précise : 6 ou 7 avant Jésus-Christ ou bien encore l’an 4 ?

La prétention chrétienne est énorme. “Dieu s’est fait homme”, il a franchi la distance qui semblait infranchissable entre l’homme et lui. Aux yeux du croyant, l’incroyable est advenu. Celui que personne n’a jamais vu se rend visible dans un enfant. Lui dont il était interdit de sculpter l’image se fait chair. Le Tout-Autre devient tout proche, sans nous voler notre espace. Comme la mer infinie résonne dans un coquillage collé à notre oreille, le Mystère silencieux des origines fait entendre sa Parole. Tout en restant bien sûr celui qui mérite notre adoration, le Créateur prend visage de créature et s’assoit à notre table.

Tout simplement aimer

Et que vient-il faire chez nous ? Tout simplement aimer. Il n’a d’autre planification, d’autre plan pastoral. Pour y parvenir, jusqu’à donner sa vie pour ses amis et pardonner à ses bourreaux, Jésus maintient une proximité filiale avec celui qu’il nomme Père. Chaque jour, il accueille son souffle, l’Esprit Saint, comme on boit à la source. Il en reçoit l’énergie.

La tentation de toutes les religions a toujours été de mettre les humains en règle avec la divinité par un ensemble de rites. Désormais, pour rejoindre Dieu, l’amour suffit. Aimer est la manière divine d’exister. En vivant comme les humains, Dieu a permis aux humains de vivre comme Dieu, de partager sa vie, d’accueillir du divin dans notre existence.

La naissance de Jésus a une dimension bien plus qu’historique. Le ciel et la terre sont concernés. Dans le récit de Luc, les anges symbolisent la dimension invisible de cet événement. Saint Jean, lui, dans son Prologue, le dira à la manière des textes grecs de sagesse : “Au commencement était le Verbe [la Parole de Dieu], le Verbe était Dieu et le Verbe s’est fait chair, il a planté sa tente parmi nous.”

La foi chrétienne articule de manière originale le ciel et la terre. Nous ne sommes pas mis en demeure de choisir l’un ou l’autre. Il n’y a pas d’antagonisme entre Dieu et l’homme, mais un partenariat, une alliance, selon le mot biblique. Lorsqu’on dit que Jésus est Dieu, il ne s’agit pas d’une “identité”, mais d’une “unité” profonde entre le divin et l’humain, sans confusion. Le ciel a épousé la terre. Désormais, notre terre a un goût de ciel. Pas question de quitter la condition humaine, mais d’entendre l’appel à la vivre dans toute sa plénitude.

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Paix aux hommes de bonne volonté

« Tant crie-t-on Noël qu’il vient », dit la Ballade des proverbes de François Villon. Y a-t-il une fête, en effet, aussi attendue que Noël ? Pas besoin d’être chrétien. Noël a le don mystérieux de toucher tout le monde, il s’est échappé du christianisme, dans lequel d’ailleurs il n’apparaît que tardivement au IVe siècle. La foi primitive des chrétiens repose sur la vie publique et les paroles du Christ, pas du tout sur les circonstances de sa naissance. Personne, en outre, même parmi les croyants, ne songerait à s’offusquer si, pour une large part, on en range les événements dans le domaine de la légende. Que trois rois guidés par une étoile mobile, par exemple, soient venus s’incliner devant un bébé inconnu né dans une étable ne relève vraisemblablement pas de l’histoire, mais plutôt du mythe.

Santons de Noël – Photo Pixabay

Cela ne signifie pas pour autant que nous soyons en présence d’une sorte de fake news avant l’heure. Non seulement, toutes les religions font usage du mythe, mais c’est une forme d’expression à laquelle on recourt également dans d’autres démarches de la pensée. Platon couronne sa philosophie par le célèbre mythe de la caverne, Mozart a exploité avec génie le mythe de Don Juan, le mythe d’Œdipe a été annexé par les psychanalystes. Les histoires imaginées par les romanciers ne sont pas autre chose que de petits mythes. Dira-t-on pour autant que l’utilisation du mythe discrédite la pensée de ceux qui en usent ?

Le mythe, en fait, sert à faire passer un message par une autre voie que celle du simple raisonnement. Au lieu de s’adresser à la raison, il s’adresse à l’imagination, à la sensibilité, à l’âme tout entière de l’être humain au-delà des ressources limitées de la logique. Ainsi, mieux que n’importe quel discours, les contes des Frères Grimm peuvent assurer l’enfant que, malgré les marâtres, les ogres, les dragons, tout petit Poucet qu’il soit, il trouvera sa place dans le monde.

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Dans la nuit

C’est dans la nuit que l’on voit les étoiles.

C’est dans la nuit que l’enfant de Bethléem pousse le cri de sa naissance.

C’est dans la nuit qu’il se relèvera vivant,

une trentaine d’années plus tard, de la mort.

C’est dans la nuit, bien des siècles avant cela,

que Jacob affronta un ange et reçut le pardon de son frère.

C’est dans la nuit que le peuple d’Israël

sortit d’Égypte pour gagner une terre de liberté.

C’est dans la nuit … (…)

Pour nous préparer à Noël, nous chercherons ensemble les visages lumineux d’hommes et de femmes, témoins de notre Dieu au cœur même de la nuit. Ce Dieu-là est celui qui vient nous visiter dans l’obscurité d’une crèche. Il est le Dieu de la Vie.

Tiré du Bulletin du Jour du Seigneur du mois décembre 2021.

La fête de Noël est une joie qui se partage aux 4 coins du monde, une lumière nouvelle qui éclaire notre humanité !

Petit clin d’œil, l’occasion de saluer les prêtres de notre Unité pastorale Paliseul-Saint Joseph et notre doyen, avec des chants de Noël venus de Pologne et d’Afrique. 👍

… et un Noël du Vietnam pour honorer la présence d’un séminariste en stage à Bertrix.

Joyeux Noël à toutes et tous.

Au cœur du silence, un cri

Au Congo, le docteur Mukwege fait barrage à la violence. Et nous, comment pouvons-nous participer à la paix ?

 » Là où je suis et tel que je suis, comment puis-je contribuer à rompre l’empire du silence, afin que la lumière de la crèche fasse briller Noël en moi et autour de moi ? « 

L’Empire du silence, nouveau film du réalisateur liégeois Thierry Michel, sort sur les écrans. Ce documentaire de près de deux heures, est le dernier-né d’une série de treize, consacrés à l’actualité en République démocratique du Congo. « Mobutu, roi du Zaïre », « Congo river », « L’affaire Chebeya », « L’homme qui répare les femmes » et les autres, sont autant de cris d’amour pour ce pays-continent. Avec pédagogie et minutie, L’Empire du silence retrace les horreurs des deux guerres du Congo (1996-1997 et 1998-2003), entraînant dans leur sillage une procession de massacres. Ce documentaire-vérité est une œuvre de mémoire, car la plupart de ces tueries furent perpétrées dans un silence… de mort, tant de la part des autorités du pays que de la communauté internationale. Cette dernière était et reste muselée par la mauvaise conscience, vu que les deux guerres du Congo sont une conséquence, par ricochet, du glaçant génocide rwandais, que l’Occident n’a pu, ou voulu, empêcher.

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