Un athéisme de fait

L’alpiniste, le marcheur est un homme qui conduit son corps là où son regard, ses yeux l’ont porté (Gaston Rébuffat). Le chrétien est dans cette démarche de foi. On voit le sommet et on a envie d’y aller. C’est un projet de vie !
Col des Aravis (Savoie) © Photo FV

Au siècle passé, il existait un athéisme militant. Jean-Paul Sartre, qui avait décidé que Dieu n’existait pas, en était une figure de proue. Aujourd’hui, un athéisme de fait règne, parfois même chez les croyants. Dieu, en effet, n’est pas seulement un concept, un mot à la lettre D du dictionnaire. Il est une expérience, une manière de vivre sa vie, une relation intime. La plupart des humains seront d’accord pour dire comme Jean d’Ormesson, dans ce qui est un des chapitres les plus courts de toute la littérature : « Soyons brefs, il y a autre chose que le monde » (1). Mais quelle place lui faisons-nous ? Plus guère.

Le prochain et Dieu

L’originalité de Jésus est certes d’avoir lié intimement l’amour du prochain à celui de Dieu, mais il donne à Dieu la première place. Au scribe qui lui demandait quel était le premier des commandements, il répondit. « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Les deux sont indissociables.

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Carême : se mettre en route vers soi-même

Qu’on soit panthéiste, agnostique, athée ou croyant, le Carême nous rappelle l’urgence de la quête de soi.

La statue du Penseur au jardin du Musée Rodin, à Paris (Photo : wikipédia)

Le Carême, qui a débuté ce mercredi des Cendres, serait-il une vieille tradition disparue ou une urgence d’aujourd’hui ? Le confinement, en effet, nous a trouvés bien démunis et parfois vides quand les activités et les relations qui donnent sens à notre vie ont été mises au ralenti. Il est alors vital de revisiter notre moi profond. Là, nous percevons la présence de quelque chose de plus vaste que nous-mêmes, quelle que soit la manière dont nous la nommions. Qui, en effet, n’a jamais été envahi, à l’intime de lui-même, par ce sentiment d’être relié à plus grand que lui ?

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La Bible, une histoire qui n’en finit pas

La Bible est un livre ouvert dont nous ne sommes pas d’éternels commentateurs, mais des lecteurs qui l’interprètent pour leur propre vie.

Commentaires des photos :

On a l’habitude de dire que dans chaque épreuve, il y a une opportunité. Durant celle que nous traversons et lors du premier confinement, la « Bible des confinés », une Bible partagée unique est apparue ! En effet, l’Alliance biblique française faisant appel à plus de 500 bonnes volontés de tout âge et de toute confession chrétienne ont reproduit à la main un Psaume, un chapitre d’un Évangile ou encore un chapitre des Actes et des Lettres des Apôtres. Chaque copiste avec son style, sa personnalité, sa créativité a produit une œuvre originale et il se dégage de par la variété des styles d’écriture, des couleurs, des expressions artistiques bien diverses, une émotion invitant le lecteur à entrer dans la lecture « visuelle » du livre. De plus, ce travail collectif a créé du lien pour transmettre un message et se connecter à l’essentiel. Cette Bible manuscrite fut ainsi une véritable entreprise collective de transmission de la Bible. (Photos tirées de la Bible manuscrite – Éditions Biblio)

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De plus en plus, les croyants ont le sentiment de ne plus exister aux yeux de leur propre pays

Le silence assourdissant à propos des cultes dans les mesures sanitaires récentes a été ressenti par les croyants comme une blessure et perçu comme un mépris de la foi.

L’évêque lance un appel à la bienveillance. Extrait : « La fête de Noël, que chaque dimanche de l’Avent prépare, qui sera célébrée le 25 décembre et qui rayonnera dans toutes les semaines qui suivront, la fête de Noël ne peut être synonyme de division et de rancœur. Dans la nuit de Noël retentira une voix angélique : ‘Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté’. Le peuple de Dieu, Corps du Christ, ne peut être divisé, en ces jours lumineux. Merci à tous les diocésains d’œuvrer, chacun dans sa mission et sa vocation, en famille et en paroisse, dans l’esprit de l’enfant de Bethléem, le Prince de la Paix, l’Emmanuel, Dieu-avec-nous en toutes circonstances. »

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Le plaisir est « simplement divin »

Stéphane Audran dans « Le Festin de Babette », un film de Gabriel Axel (1987). « Le Festin de Babette » se déroule dans une communauté protestante danoise ultra puritaine du XIXe siècle, conviée à un somptueux banquet préparé par une cuisinière française qui a gagné à la loterie. (Capture d’écran du journal Dimanche)

Le plaisir n’est ni catholique, ni chrétien, ni autre chose, il est simplement divin.” C’est le pape lui-même qui le dit dans un livre d’entretiens publié ce 9 septembre dernier en Italie. Il y prend en exemple tant le plaisir sexuel que culinaire ! Guy Savoy, chef trois étoiles à Paris, a apprécié cette “ode à la vie”. Et François d’expliciter : “Le plaisir de manger sert à vous maintenir en bonne santé en mangeant, tout comme le plaisir sexuel est fait pour rendre plus beau l’amour et garantir la perpétuation de l’espèce.”

Sur sa lancée, le pape fustige la bigoterie qui a parfois fait la loi au sein de l’Eglise. Trop souvent, en effet, la religion a été réduite à la piété et à son excès, la bigoterie. Or, la religion, c’est l’exultation de la vie, et le plaisir en fait partie.

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