Méditation pour un Vendredi saint

« J’aime la mort du même amour que la vie », écrivait déjà Roger Garaudy de manière paradoxale. Ces temps ne sont-ils pas propices à ce genre de réflexion, la mort nous menaçant tous, déguisée en un invisible virus ?

C’est bouleversé que j’entame cette chronique. Profitant de ce confinement où le rythme de nos vies change, je lis les Cinq méditations sur la mort, de François Cheng. Autrement dit sur la vie, précise-t-il dès la couverture. « J’aime la mort du même amour que la vie », écrivait déjà Roger Garaudy de manière paradoxale. Ces temps ne sont-ils pas propices à ce genre de réflexion, la mort nous menaçant tous, déguisée en un invisible virus ?

La mort est notre seule certitude à nous, les vivants. Et, en même temps, notre plus grande incertitude, car nous ne savons ni le jour, ni l’heure, ni le comment, et c’est sans doute une bonne chose. Cette interrogation lancinante nous rejoint parfois à un moment inattendu. Je pense à Anne Philippe qui, dans Le temps d’un soupir, évoque le décès de son mari, le grand comédien Gérard Philippe. « Je ne savais pas que je venais de te voir pour la dernière fois« , se rappelle-t-elle. Et dans Un été au bord de la mer, écrit longtemps après, elle précise que c’est souvent dans les expériences d’intense bonheur que nous surprend l’idée de la mort.

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