Les politiciens face à l’enjeu spirituel

Le croyant est persuadé que l’adulte advient en s’appropriant le meilleur de l’enfance : la capacité d’émerveillement et de confiance. « Je te bénis, Père, ce que tu as caché aux sages et aux intelligents, tu le révèles aux enfants. » (Matthieu 11, 25)

Faut-il qu’ils ne reconnaissent pas à la spiritualité et l’exercice des cultes une dimension « essentielle » ?

Condamné par la maladie, un politicien de souche chrétienne me confia que sa carrière l’avait éloigné de la spiritualité. Histoire tragiquement banale. La tyrannie de l’urgence, le tourbillon du pouvoir et l’ivresse médiatique distraient d’un chemin d’intériorité. Face aux questions de fond, nombre de politiques maquillent leur vide par des lieux communs. Faut-il, dès lors, s’étonner qu’en confinement, ils ne reconnaissent – pas plus qu’à la culture – à la spiritualité et l’exercice des cultes, une dimension proprement « essentielle » à la santé mentale d’une société ?

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Pour une saine biodiversité dans l’Église…

Les divergences font partie de l’existence et de la dynamique chrétienne. Les seuls endroits immunisés de conflits… sont les univers totalitaires et les cimetières.

« Certains baptisés fréquentent l’Église, en effet, plutôt attirés par le message du Christ accueilli au moyen de leur intelligence, d’autres par le culte et la dévotion vécus avec leurs émotions, et d’autres encore par les structures nées de l’humain besoin d’organisation. Chacun a alors tendance à ne vivre sa foi qu’à travers son prisme, ce qui tronque l’Évangile. »

« Je ne saisis pas bien ton option ecclésiale », me lança un jour un confrère prêtre. J’étais à l’époque curé-doyen de Liège-centre et il me fit remarquer que je m’étais entouré d’une équipe pastorale, dont les membres avaient des profils théologiques bien divergents. «  C’est bien là que se situe mon ‘option ecclésiale’ « , lui ai-je répondu avec un petit sourire. La volonté de ne pas uniquement collaborer avec des personnes qui « pensent comme moi «  n’est pas nouvelle. À l’époque où j’étais responsable de séminaire, j’invitais une semaine Mgr Léonard et une autre l’abbé Ringlet, une semaine un prêtre de l’Opus Dei et une autre un théologien de la libération.

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Les sentinelles de la crèche

« Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! » (Marc 13, 33-37)

« En avant ! L’aventure. L’Avent. On peut jouer avec ce mot selon le ‘a’ ou le ‘e’, la minuscule ou la majuscule… Pour nous qui tentons de croire jour après jour, ces semaines de l’Avent tendues vers Noël, prennent une signification particulière, un élan, un allant. » Propos tenus par Colette Nys-Mazure dans le journal Dimanche de ce 29 novembre 2020. (Photo : capture du journal Dimanche)

Avec le temps de l’Avent, s’ouvre une nouvelle année liturgique : nous quittons l’année durant laquelle l’Évangile selon Saint Matthieu fut lu chaque dimanche à l’église et entrons dans l’année consacrée à Saint Marc. Plus immédiatement, l’Avent est le temps de quatre semaines qui nous prépare à la Nativité.

Alors que la pandémie ouvre sur un Noël confiné, l’Église propose plus que jamais de préparer nos cœurs à la venue de l’Enfant de la crèche. Ce serait dommage qu’arrivé la nuit de Noël, nous nous disions soudainement – comme surpris : « déjà Noël ! »

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Dimanche du Christ-Roi

« Chaque fois que vous l’avez fait à un de ces petits qui sont mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25, 31-46)

La magnifique et bouleversante mosaïque du Christ Pantocrator (Sainte-Sophie à Istanbul) nous montre, ensemble, la divinité et la glorieuse humanité du Christ-sauveur.

En ce dernier dimanche de l’année liturgique – dimanche du Christ-Roi – l’Évangile nous fait réfléchir sur ce qu’on appelle communément « le jugement dernier ». Des générations entières ont eu l’imagination marquée par les bas-reliefs sculptés sur le portail de nos cathédrales : le Christ-Roi y trône en majesté et sépare les âmes justes de celles qui sont réprouvées.

Mais cette représentation-là ne correspond pas pleinement à l’Évangile. Jésus est un roi dont la seule couronne est d’épine et l’unique trône, le bois d’une croix. Un roi humilié. Un roi crucifié. Un roi qui se fait le frère de tous les laissés-pour-compte de l’histoire.

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« Qui perd gagne »

Telle est l’antique sagesse que Christ rappelle : Ce qui a le plus de prix dans la vie d’un homme – l’amour, l’amitié, l’honneur, le bonheur, le respect, … – ne s’achète pas. C’est gratuit. Cela n’a donc pas de prix.

Commentaire de l’Évangile de ce dimanche 30 août.

« Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de Moi la gardera ». (Matt 16, 21-27)

En ce temps de rentrée scolaire et malgré le Covid, il est bon d’inviter nos têtes blondes à viser l’excellence académique. En effet, tous nous avons reçu une intelligence du Créateur. Il s’agit donc de la développer – chacun à notre mesure – afin de prendre notre place dans la société. Mais, malheur à nous, si nous enseignons à nos gosses que dans la vie, le but est de « gagner » – et tant pis pour les autres. Celui qui transmet cela, éduque son enfant à devenir un éternel envieux. Et l’envie – tel un feu – lui consumera le cœur et brûlera tous ceux qui s’approchent.

Telle est l’antique sagesse que Christ rappelle : Ce qui a le plus de prix dans la vie d’un homme – l’amour, l’amitié, l’honneur, le bonheur, le respect, … – ne s’achète pas. C’est gratuit. Cela n’a donc pas de prix. Et pour le recevoir, il faut donner – se donner. En amour – qui perd, gagne. « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de Moi la gardera ». 

Extrait du site du blog de l’abbé Eric de Beukelaer