Notre-Dame du sourire

Qui est vraiment la Vierge Marie que les catholiques fêtent le 15 août ? Le 15 août, pour les catholiques, est la fête de l’Assomption.

Récemment, je lisais dans votre journal favori, que le premier portrait d’un visage qui sourit, fut une peinture de Notre-Dame (Niccolo di Pietro, XIVe siècle, Galerie de l’Académie, Venise). Cela ne me semble pas étonnant : Marie est le sourire que Dieu nous adresse.

©Wikipedia ©Nicolo di Pietro

Méfions-nous d’une religion austère. Tout naturellement, nous projetons sur le Créateur nombre de traits idéalisés de notre humanité. Dieu serait l’Être le plus grand, le plus beau, le plus juste, etc. Ce qui n’est pas faux, mais comporte le risque de confondre l’Éternel avec un surhumain sublimé, sorte de croisement entre un patron parfait et superman. Mais non : Dieu est Dieu. Ce n’est pas lui qui est le reflet de nos imaginaires, mais nous qui sommes le fruit de son amour. Ceci explique que Dieu se révèle rarement là où nous l’attendons. Il n’est pas dans l’ouragan ou le grand feu, mais dans la “brise légère” (1 Rois 19, 8-13). Il ne se comporte pas en maître, mais en serviteur qui “lave les pieds de ses disciples” (Jean 13, 1-17). Et que dire d’un Dieu cloué nu, au gibet de la croix ? “Nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les Juifs, et folie pour les Grecs” (1 Cor 1, 23).

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Quel pourrait être l’avenir de l’Église ?

 Pour régénérer l’Église – “Cherchez la femme”- inspirons-nous de dame nature : une monoculture épuise ses sols, là où la polyculture assure une fécondité durable.

« À chaque époque, une figure de croyant se dégage comme archétype du chrétien accompli. »
Photo de la Libre Belgique – ©Pexels

« Vivre c’est changer ; être parfait, c’est avoir changé souvent”, écrivit dans son Essai sur le développement de la doctrine chrétienne (1845) le futur saint John-Henry Newman, ajoutant que si “l’idée” du christianisme change, c’est “afin de rester fidèle à elle-même”. L’image qui l’inspirait, était celle du vivant. Ainsi, quelle différence entre l’enfant que j’étais et l’adulte que je suis devenu. Et pourtant, ce n’est qu’en changeant que je reste moi-même. Le jour où cela s’arrêtera, je serai mort. De manière identique, l’Église, s’est maintenue vivante, en se forgeant au cours des siècles un langage propre pour protéger et exprimer le Mystère révélé en Christ (les dogmes), en balisant et adaptant ses rites de célébrations du Salut (la liturgie), en proposant un agir chrétien fidèle à l’Évangile et adapté à l’époque (la morale).

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Survie du cours de religion à l’école ?

La question du cours de religion à l’école oppose deux conceptions de l’homme et de son éducation. Malheureusement, le rapport des forces politiques en présence ne plaide pas pour son maintien.

« La question du cours de religion à l’école oppose deux conceptions de l’homme et de son éducation » Photo : copie d’écran La Libre.

Depuis quelques années, le cours de religion est dans le viseur d’une certaine laïcité, soutenue par de puissants relais politiques. L’objectif à peine masqué, est de le supprimer du réseau officiel et ensuite, de l’évacuer du libre. Tant qu’à présent, notre Constitution freine cet élan en jouant son rôle de garde-fou, mais elle pourrait être modifiée. La conviction qui anime ce combat est que la religion est du domaine privé, alors que l’école appartient au domaine public. La religion n’aurait donc pas sa place à l’école, sauf à être étudiée de façon « neutre », comme tout phénomène humain. Pareille vision de l’homme est un héritage des Lumières. Ce qui rendrait libre, c’est la raison. D’où le credo : apprenez à un jeune à raisonner et vous en ferez un humain accompli. Cette façon de voir trouve un large écho dans une population où beaucoup se sont éloignés du catholicisme de leur enfance. Elle semble un moyen adéquat pour lutter contre la montée des fondamentalismes. Confiner la religion dans l’espace privé, voire la mettre en quarantaine, parait un enjeu de santé publique.

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Suivre l’étoile

Suivre l’étoile – Épiphanie du Seigneur, Année C

« Les mages ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe ». (Matthieu 2, 1-12)

« En somme, les mages cherchent quelque chose et trouvent autre chose (en apparence). Voilà qui est très rassurant pour nous. Je rencontre beaucoup de chrétiens, qui se demandent s’ils prient bien, s’ils demandent de bonnes choses, s’ils désirent ce qu’il faut désirer… Mais ce n’est pas important. Ce qui est important est de demander et de désirer. De chercher l’étoile. (…) L’important, encore une fois, est que nous nous tournions vers Dieu, le cherchions, placions notre espérance en lui. Que nous nous levions pour suivre l’étoile »
Fr. Yves Combeau, o.p. – Le Jour du Seigneur.

« Épiphanie » signifie en grec : « manifestation ». Dans le calendrier chrétien, cette fête est plus ancienne que celle de la Nativité (fixée en 354 par le pape Libère à la date du solstice d’hiver – soit le 25 décembre). Jusqu’au milieu du IVe siècle, se célébrait au cours de l’épiphanie toutes les manifestations du Christ sur terre : de sa naissance à son premier miracle, lors des noces de Cana. Aujourd’hui, l’Église latine fête l’Épiphanie avec le récit des mages : elle voit dans le périple de ces trois sages suivant l’étoile depuis fort loin, le signe de la manifestation de la lumière du Christ à toutes les nations.

En ce dimanche de l’Épiphanie, prions donc spécialement avec nos frères chrétiens du monde entier. Race, langue, culture nous séparent – mais le Christ est la grande lumière qui fait notre unité. Comme les mages, venons l’adorer et offrons-lui, avec cette année nouvelle –  toutes nos réussites (l’or, symbole de tout ce qui est précieux), tous nos échecs et souffrances (la myrrhe, une herbe amère) et toutes nos prières (l’encens, ce parfum dont la fumée monte vers le ciel).

Mettons-nous en route en 2022. Suivons l’étoile. Allons vers l’Enfant de la crèche, qui manifeste la lumière de l’amour de Dieu pour notre monde.


Blog de l’Abbé Éric de Beukelaer

Considérer l’aspect systémique des abus

Voici quatre bonnes pratiques actuelles qui permettent de lutter contre les dérives au sein de l’Église. Le regard du prêtre Eric de Beukelaer.

Eric de Beukelaer. Photo copie d’écran du site todayinliege.be

Dans son rapport sur la pédocriminalité dans l’Église catholique en France, la commission Sauvé a lancé – outre des recommandations pour éradiquer le fléau et faire droit aux victimes – un appel à prendre en compte l’aspect « systémique » du scandale. Quels comportements habituels en Église constituent un terreau propice aux abus ? Pareil examen de conscience interroge les angles morts de la vie ecclésiale, par où le Père du mensonge passe sa langue fourchue. D’aucuns affirment que ces déviances systémiques ne pourront être corrigées que moyennant une révolution ecclésiale, portée par un nouveau Concile. L’avenir reste à écrire, mais la simple mise en œuvre des enseignements du Concile Vatican II permet d’ores et déjà de faire du chemin. Diverses bonnes pratiques actuelles ouvrent la voie. J’en énumère ici quatre, que la démarche synodale proposée par le pape François, pourra davantage encore faire fructifier :

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