Survie du cours de religion à l’école ?

La question du cours de religion à l’école oppose deux conceptions de l’homme et de son éducation. Malheureusement, le rapport des forces politiques en présence ne plaide pas pour son maintien.

« La question du cours de religion à l’école oppose deux conceptions de l’homme et de son éducation » Photo : copie d’écran La Libre.

Depuis quelques années, le cours de religion est dans le viseur d’une certaine laïcité, soutenue par de puissants relais politiques. L’objectif à peine masqué, est de le supprimer du réseau officiel et ensuite, de l’évacuer du libre. Tant qu’à présent, notre Constitution freine cet élan en jouant son rôle de garde-fou, mais elle pourrait être modifiée. La conviction qui anime ce combat est que la religion est du domaine privé, alors que l’école appartient au domaine public. La religion n’aurait donc pas sa place à l’école, sauf à être étudiée de façon « neutre », comme tout phénomène humain. Pareille vision de l’homme est un héritage des Lumières. Ce qui rendrait libre, c’est la raison. D’où le credo : apprenez à un jeune à raisonner et vous en ferez un humain accompli. Cette façon de voir trouve un large écho dans une population où beaucoup se sont éloignés du catholicisme de leur enfance. Elle semble un moyen adéquat pour lutter contre la montée des fondamentalismes. Confiner la religion dans l’espace privé, voire la mettre en quarantaine, parait un enjeu de santé publique.

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Suivre l’étoile

Suivre l’étoile – Épiphanie du Seigneur, Année C

« Les mages ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe ». (Matthieu 2, 1-12)

« En somme, les mages cherchent quelque chose et trouvent autre chose (en apparence). Voilà qui est très rassurant pour nous. Je rencontre beaucoup de chrétiens, qui se demandent s’ils prient bien, s’ils demandent de bonnes choses, s’ils désirent ce qu’il faut désirer… Mais ce n’est pas important. Ce qui est important est de demander et de désirer. De chercher l’étoile. (…) L’important, encore une fois, est que nous nous tournions vers Dieu, le cherchions, placions notre espérance en lui. Que nous nous levions pour suivre l’étoile »
Fr. Yves Combeau, o.p. – Le Jour du Seigneur.

« Épiphanie » signifie en grec : « manifestation ». Dans le calendrier chrétien, cette fête est plus ancienne que celle de la Nativité (fixée en 354 par le pape Libère à la date du solstice d’hiver – soit le 25 décembre). Jusqu’au milieu du IVe siècle, se célébrait au cours de l’épiphanie toutes les manifestations du Christ sur terre : de sa naissance à son premier miracle, lors des noces de Cana. Aujourd’hui, l’Église latine fête l’Épiphanie avec le récit des mages : elle voit dans le périple de ces trois sages suivant l’étoile depuis fort loin, le signe de la manifestation de la lumière du Christ à toutes les nations.

En ce dimanche de l’Épiphanie, prions donc spécialement avec nos frères chrétiens du monde entier. Race, langue, culture nous séparent – mais le Christ est la grande lumière qui fait notre unité. Comme les mages, venons l’adorer et offrons-lui, avec cette année nouvelle –  toutes nos réussites (l’or, symbole de tout ce qui est précieux), tous nos échecs et souffrances (la myrrhe, une herbe amère) et toutes nos prières (l’encens, ce parfum dont la fumée monte vers le ciel).

Mettons-nous en route en 2022. Suivons l’étoile. Allons vers l’Enfant de la crèche, qui manifeste la lumière de l’amour de Dieu pour notre monde.


Blog de l’Abbé Éric de Beukelaer

Considérer l’aspect systémique des abus

Voici quatre bonnes pratiques actuelles qui permettent de lutter contre les dérives au sein de l’Église. Le regard du prêtre Eric de Beukelaer.

Eric de Beukelaer. Photo copie d’écran du site todayinliege.be

Dans son rapport sur la pédocriminalité dans l’Église catholique en France, la commission Sauvé a lancé – outre des recommandations pour éradiquer le fléau et faire droit aux victimes – un appel à prendre en compte l’aspect « systémique » du scandale. Quels comportements habituels en Église constituent un terreau propice aux abus ? Pareil examen de conscience interroge les angles morts de la vie ecclésiale, par où le Père du mensonge passe sa langue fourchue. D’aucuns affirment que ces déviances systémiques ne pourront être corrigées que moyennant une révolution ecclésiale, portée par un nouveau Concile. L’avenir reste à écrire, mais la simple mise en œuvre des enseignements du Concile Vatican II permet d’ores et déjà de faire du chemin. Diverses bonnes pratiques actuelles ouvrent la voie. J’en énumère ici quatre, que la démarche synodale proposée par le pape François, pourra davantage encore faire fructifier :

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« Trois fois Saint » – Sainte Trinité

« De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ». (Matthieu 28, 16-20)

Le dimanche qui suit la Pentecôte est toujours consacré à la Sainte Trinité. © copie d’écran Pixabay

La Trinité n’est pas un problème de mathématiques. Pourtant, comme l’amour ne s’additionne pas, mais se multiplie – ne dit-on pas le « Dieu trois fois Saint » ? – chacun peut vérifier que 1 X 1 X 1, cela fait toujours 1. La Trinité : 3 Personnes divines en un seul Dieu.

Bien plus qu’un problème de mathématique, la Trinité est Mystère d’amour. Le peu que la révélation chrétienne nous ait donné de percevoir de l’infinité de Dieu, est que celui-ci est une éternelle Relation de Don : entre le Père qui est Source de tout Don, le Fils à Qui le Don est destiné et qui le rend au Père dans l’unité de l’Esprit – qui est Don.  

La Bible nous enseigne que l’homme est créé à l’image de Dieu. Voilà pourquoi nous sommes des êtres relationnels et voilà pourquoi seul le Don de nous-mêmes nous fait rejoindre notre vérité profonde. Devenir disciple du Christ et vivre son baptême, c’est dans l’Esprit s’unir au don du Fils pour devenir enfant du Père.               

Extrait du blog de l’abbé Eric de Beukelaer

Les politiciens face à l’enjeu spirituel

Le croyant est persuadé que l’adulte advient en s’appropriant le meilleur de l’enfance : la capacité d’émerveillement et de confiance. « Je te bénis, Père, ce que tu as caché aux sages et aux intelligents, tu le révèles aux enfants. » (Matthieu 11, 25)

Faut-il qu’ils ne reconnaissent pas à la spiritualité et l’exercice des cultes une dimension « essentielle » ?

Condamné par la maladie, un politicien de souche chrétienne me confia que sa carrière l’avait éloigné de la spiritualité. Histoire tragiquement banale. La tyrannie de l’urgence, le tourbillon du pouvoir et l’ivresse médiatique distraient d’un chemin d’intériorité. Face aux questions de fond, nombre de politiques maquillent leur vide par des lieux communs. Faut-il, dès lors, s’étonner qu’en confinement, ils ne reconnaissent – pas plus qu’à la culture – à la spiritualité et l’exercice des cultes, une dimension proprement « essentielle » à la santé mentale d’une société ?

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