Quel est ton carême ?

Si l’on entend bien le récit du livre de la Genèse, au commencement était l’être humain unifié : chair dotée d’une personnalité et, à la différence des animaux, animée d’un Souffle indissociable. Les aléas de l’Histoire et les malheurs des traductions successives finirent par imposer dans le christianisme une vision dualiste, celle d’un humain fait de deux éléments : un corps et une âme, cette dernière étant la lumineuse composante spirituelle descendue dans un corps matériel porteur, lui, de toutes les passions, de toutes les tentations. L’influence de Platon (5e siècle avant J.-C) est manifeste… Exit, donc, la belle et forte unité qui affirme qu’en l’humain, tout concourt à sa croissance…

« Et si nous commencions par nous demander : quelle est la pierre d’achoppement qui m’empêche de grandir autant que je le souhaiterais ? Appelons-là « tentation » si cela nous aide. » Photo tirée du Journal Dimanche

On ne peut évidemment que se réjouir de l’affaiblissement (sinon de la disparition complète) de cette consternante anthropologie. Ce fut l’un des fruits du concile Vatican II – en consonance, il est vrai, avec l’évolution de la société : la décennie 70-80 fut celle de la valorisation de l’individu, de sa réunification, pourrait-on dire. La médecine elle-même se fit plus « holistique », c’est-à-dire qu’elle prit en compte le lien mystérieux (et désormais confirmé par les neurosciences) qui existe entre notre esprit et notre chair. Prendre soin de son corps devint une injonction positive… ce que recommandait déjà saint Paul : Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple du Souffle Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu (1Co 6,15). En bon Juif, l’apôtre avait de l’humain une vision unifiée.

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Fête de notre Unité Pastorale

Ce dimanche 20 mars, toutes les paroisses de notre Unité Pastorale Paliseul – Saint Joseph se trouvaient réunies en l’église de Paliseul pour honorer son patron saint Joseph.

Saint Joseph patron de notre Unité Pastorale

La statue de saint Joseph, venue de l’église de Framont pour l’occasion, était amenée en procession vers l’autel par 2 paroissiens et les enfants.

Les nombreux enfants et de leurs parents participaient à la messe dominicale des familles..

Nos célébrants, l’Abbé Willemet, Père Stanislas et Père François, épaulés par les catéchistes, ont fait de cette célébration un moment de ferveur et de dévotion. 

Le Père Stanislas dans son homélie a mis l’éclairage sur saint Joseph : ”Dans nos églises, on trouve beaucoup de tableaux ou des vitraux qui évoquent “l’annonce faite à Marie”. On y voit l’ange Gabriel qui rend visite à Marie et la réponse de cette dernière. Mais nous ne trouvons rien sur “l’annonce faite à Joseph”, rien sur ces choses surprenantes qui lui ont été révélées. Les évangiles ne nous rapportent aucune parole de cet homme. Et pourtant, Il nous apprend à ÉCOUTER. C’est une attitude absolument essentielle. Joseph peut nous servir d’exemple et nous y entraîner. (…)

Aujourd’hui, Joseph nous apprend à ÉCOUTER ce qui se passe en nous, à faire le point, à prendre du recul pour accueillir une parole qui vient d’ailleurs. » 

Avec la chorale paroissiale, les timides voix des enfants ont donné un peu de couleur aux prières de l’assemblée, particulièrement nombreuse.

Merci à tous ceux et celles qui ont préparé cette messe, et aux personnes qui ont répondu présentes ! Merci à Étienne pour les photos.

Carême

Sa seule évocation est synonyme de privation. Pourtant le carême peut être une véritable opportunité. « Carême » est un drôle de mot qui vient d’un autre drôle de mot, latin : quadragesima, qui signifie « quarantième ». Le quarantième jour avant la Passion, un mercredi que nous nommons « mercredi des cendres », marque le début du Carême. Les juifs aimaient utiliser les chiffres pour signifier telle ou telle chose. 40, c’est le nombre d’années passées par les Hébreux au désert ; c’est aussi le nombre de jours passés par Moïse sur la montagne en présence du Seigneur et par Jésus au désert au début de sa vie publique. Si les Hébreux ont tourné en rond pendant quarante ans dans le Sinaï, c’est pour qu’une génération entière passe. Pour qu’un peuple lâche et incroyant disparaisse et que naisse un peuple courageux et fidèle. Depuis, 40 est resté le chiffre des périodes de préparation où nous essayons d’écarter en nous « le vieil homme » égoïste et inconstant, et de faire naître « l’homme nouveau ». Pendant le carême, nous avons quarante jours pour nous préparer à Pâques. Jeûne, méditation, charité, peu importe le moyen. Quarante jours nous sont donnés pour revenir vers Dieu.

Extrait de « Les tablettes de la foi – Le Carême« 

Sécréter des fruits de paix

Homélie de ce dimanche de Frère Bernard-Joseph d’Orval.

Cette homélie est toute empreinte de ce qui se passe en Ukraine ! Il nous propose de prier ensemble pour la paix via la belle prière de François d’Assise.

« Frères et sœurs, j’ose vous proposer cette prière pour le carême. Que cette prière agisse au-dedans de nous tous.« 

Introduction

La prière d’ouverture résonne fortement dans notre actualité internationale : Dieu veut la paix, et nous sommes en guerre.

Nous t’en prions, Seigneur,

accorde-nous de vivre dans un monde

où les événements se déroulent selon ton dessein de paix,

et où ton Eglise connaisse la joie de te servir dans la sérénité. Par…

Appelons le pardon du Seigneur sur nous tous, car tous nous avons péché contre la paix…

Homélie

Nous sommes en guerre. La guerre s’est invitée dans notre Europe… elle menace de s’étendre dans notre Europe… qui se trouve bien fragile face à cette perspective.

Nous sommes donc invités à prier pour la paix. Mais comme nous nous sentons impuissants face à des enjeux qui nous dépassent de toutes parts.

  • Impuissants en tant que petite nation,
  • Impuissants aussi en tant qu’Europe… qui cherche sa cohérence
  • Impuissants aussi chacun personnellement

Et pourtant nous prions pour la paix, nous désirons apporter notre petite part à la construction d’un monde de paix.

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Dimanche des Rameaux et de la Passion

« La sixième heure étant venue, il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Eloï, Eloï, lama sabachthani ? ce qui signifie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? (…) Jésus, ayant poussé un grand cri, expira. Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit : Assurément, cet homme était Fils de Dieu. » (Marc 14, 1-15, 47. Marc 15, 1-39)

Les rameaux cueillis par les fidèles et apportés dans leurs maisons seront considérés comme bénits, par association spirituelle aux offices célébrés et diffusés par les médias.

Avec le dimanche des Rameaux débute la « Semaine Sainte », c’est-à-dire la sainte semaine des chrétiens. La semaine où est résumé le mystère de notre foi en un Dieu qui aime l’humanité à en mourir. De cet Amour fou qui transfigure nos péchés, les rameaux qui traditionnellement ornaient les crucifix de nos maisons, étaient le rappel tout au long de l’année.  

Cette année, tout sera différent, mais pas pour autant moins signifiant. Les carêmes imposés sont aussi les plus puissants. Ne vivons pas cette semaine de façon distraite, même si nous ne pourrons que peu participer aux offices de la semaine sainte. Pâques s’annonce. Préparons nos cœurs et nos âmes.

Extrait du blog de l’Abbé Eric de Beukelaer