Joyeux dans l’Espérance

Le Père Joseph BURGRAFF publie, chaque trimestre, un bulletin d’amitié intitulé “Joyeux dans l’Espérance”, trait d’union entre les Spiritains, leurs amis, familles et bienfaiteurs.

Nous vous proposons l’éditorial de décembre 2020.

Ensemble pour rêver

Le pape François a le secret des paroles fortes. Dans sa dernière encyclique, il nous propose d’oser rêver ensemble de fraternité. Seul on risque de ruminer, de se décourager, de décrocher…  Il faut rêver, oser rêver, et surtout rêver ensemble.

Voici un très beau secret pour rêver et faire de notre vie une belle aventure. Personne ne peut affronter la vie de manière isolée… Nous avons besoin d’une communauté qui nous soutient, qui nous aide et dans laquelle nous nous aidons mutuellement à regarder de l’avant. Comme c’est important de rêver ensemble ! Seul on risque d’avoir des mirages par lesquels tu vois ce qu’il n’y a pas ; les rêves se construisent ensemble (Fratelli Tutti 8).

En ce temps de crise du Covid, on insiste sur le fait qu’il faut se protéger, protéger ses proches, garder distance, respecter les gestes barrière. Protégez-vous les uns des autres, évitez les contacts et les rencontres. Tout cela est important, mais ce n’est pas tout. Mgr Aupetit pose la question : où en sommes-nous ? A combattre la mort, ou à cultiver la vie ? On peut mourir du Covid, malheureusement ; mais on peut aussi mourir de solitude, ou mourir seul… L’obsession permanente de la mort, même enfouie, empêche de vivre pleinement. Il ne faut plus, simplement, nous protéger, nous battre contre la mort, mais nous battre pour la vie. On peut être découragé, souffrant, malade, extrêmement limité, mais il y a une dimension dont on ne sera jamais privé : c’est l’amour. Jusqu’au bout nous demeurons libres d’aimer. C’est cela le rêve chrétien. Le rêve de Dieu pour nous. Avec nous.

Notre deuxième fondateur, le Père Libermann, a été habité, lui aussi, d’un grand rêve qu’il partageait avec deux compagnons de route, Frédéric Le Vavasseur et Eugène Tisserant. Le 28 octobre 1839, dans la prière, il comprend que Dieu l’appelle pour la mission risquée de l’œuvre de Noirs. Il quitte Rennes et part à Rome avec un projet de fondation. Insensé, déraisonnable, risqué…  J’ai quitté Rennes pour toujours. C’est une grande imprudence, pour ne pas dire une folie… J’ai quitté Rennes. Je n’ai plus aucun homme ni aucune créature sur la terre en qui je puisse mettre ma confiance. Je n’ai rien, je ne sais ce que je deviendrai, comment je pourrai seulement vivre et exister. Ce rêve aboutira dans la fondation d’une congrégation missionnaire, celle des spiritains. Deux cents ans plus tard, nous entrons à notre tour dans ce projet fabuleux de la mission.

Il arrivera, dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles seront prophètes, vos jeunes gens auront des visions, vos vieillards auront des songes (prophète Joël, cité dans Actes 2,17). Dieu nous fait rêver, avec lui. De justice, de paix, de fraternité.

C’est tout ce que je vous souhaite en cette fin d’année. Je vous souhaite de beaux rêves, et d’en réaliser quelques-uns. Les plus belles années de la vie sont celles qu’on n’a pas encore vécues (Victor Hugo).

Père Joseph Burgraff

 

Présent aussi dans ce bulletin trimestriel de décembre « Joyeux dans l’Espérance« , cet article de quoi nourrir notre espérance, nos espoirs, excellent antidote en ces temps de morosité.

Qu’est-ce qui nous fait vivre ?

Je me le demande… ; mais qui suis-je pour répondre à cette question « existentielle » ?

Je me suis tourné vers ma « secrétaire » ; du tac au tac elle m’a répondu : l’ESPERANCE (je ne sais pas si elle y a mis des majuscules !). Comme « patron » j’ai cru devoir trouver une réponse plus « intelligente ». Jusqu’aujourd’hui je n’ai rien trouvé, et la rédaction me presse de répondre.

Je me suis souvenu du conte de Noël que tout le monde connaît et que nous avons déjà fait jouer aux enfants lors de veillée (quand on est quelque part depuis 32 ans, ce sont les enfants des enfants qui le jouent : n’est-ce pas déjà un signe d’espérance !?)

C’est donc l’histoire de quatre bougies qui s’éteignent l’une après l’autre. D’abord la PAIX (que de guerres, de révoltes…); puis la FOI (les églises se vident, se vendent) ; et même l’AMOUR (la Liberté qui élimine l’Egalité et la Fraternité…)

Soudain, un enfant entre et voit les trois bougies éteintes. « Pourquoi êtes-vous éteintes ? Vous devriez être allumées jusqu’à la fin ! » L’enfant commence à pleurer.
Alors la quatrième bougie prend la parole : « N’aie pas peur, tant que ma flamme brillera, nous pourrons allumer les autres bougies, je suis l’ESPERANCE. ». Alors, avec des yeux brillants, l’enfant prend la bougie de l’Espérance… et une à une, il rallume toutes les autres !

Dommage, ce n’est qu’un conte ! Ou un rêve ?
Un conte qui convient pour fêter Noël : la naissance de l’enfant Jésus, le Fils de Dieu, venu sauver notre monde (qui en son temps et pour son peuple, était déjà une époque difficile à vivre). Pour « notre » monde, l’ESPERANCE a le handicap d’être une vertu « théologale », enracinée en Dieu, le Dieu de Jésus Christ. Monsieur André Comte-Sponville ne la cite pas dans un gros livre qu’il a écrit sur les VERTUS…

Mais quelle est l’alternative ? L’ESPOIR ? il est bon pour demain, après-demain… ; mais il est question de l’avenir… DE NOS ENFANTS !…

Je me permets de me réfugier derrière les paroles d’un converti (Thibault de Montaigu, LA GRACE – Plon 2020 !) :   Le miracle de l’espérance, c’est accepter ce qui va venir, l’accepter quoi qu’il arrive. Quand bien même cela nous heurte, quand bien même ce n’était pas tout à fait ce que nous avions espéré. L’accepter sans réserve en se disant qu’il y a là-dedans quelque chose pour nous, qu’on ne voit pas au premier coup d’œil, mais qui est pour le mieux. Car tel est le dessein de Dieu !

Dieu notre Père ne cessera pas de croire en nous, de nous aimer, et son Fils, c’est lorsqu’il est revenu de la mort qu’il nous a dit : « La paix soit avec vous ! » Lui ne désespérera jamais de nous.

C’est ce que le pape François nous envoie dire à la « périphérie » :
Jésus Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer ! »

… Et pour rester JOYEUX DANS L’ESPERANCE !

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