Jean le Baptiste, icône de l’Avent

Commentaire de l’Évangile de ce 2ème dimanche de l’Avent.

Le retable dit d’Issenheim, de Matthias Grünewald (16ème siècle) au Musée Unterlinden de Colmar, en Alsace. (Photo : capture d’écran Wikipédia)

Au Musée Unterlinden de Colmar, en Alsace, se trouve l’un des chefs-d’œuvre de la peinture universelle : le retable dit d’Issenheim, de Matthias Grünewald – l’œuvre date du début du XVIe siècle. Le panneau central de ce polyptyque, tout en mouvement et en clairs-obscurs, représente la crucifixion. A gauche, saint Jean soutient les saintes femmes. A droite, de façon anachronique, c’est… Jean-Baptiste qui de sa dextre désigne le Sauveur qu’il faut reconnaître dans le Crucifié dont le corps est marqué par nos plaies physiques ou spirituelles – aux pieds du Baptiste, du reste, un agneau immolé regarde lui aussi la Croix, « l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Dans sa main gauche, le Précurseur tient ouvert le Livre des Écritures Saintes, qui porte la Parole de Dieu. Bien sûr, Jean le Baptiste n’était pas présent au Golgotha et ce retable est plus théologique qu’historique. Mais dans tous les temps, il indique, désigne et annonce Celui qui ne cesse de venir à nous pour porter nos plaies et les transformer en offrande.

Aujourd’hui, nous ouvrons en ce deuxième dimanche de l’Avent l’évangile de Marc – un texte qui nous guidera dans notre vie chrétienne tout au long de cette nouvelle année liturgique. Contrairement aux évangiles de Matthieu et de Luc, il n’y a pas de récit d’enfance, en Marc – tout débute par un appel à la conversion et le baptême proclamé par Jean, un baptême dans les eaux du Jourdain qui lave symboliquement les péchés du Peuple, et surtout annonce un autre baptême, celui qui nous plongera dans le Christ, le baptême réellement chrétien. Dans celui-ci, il ne s’agira plus simplement d’être lavé, mais d’être noyé avec le Christ, uni à lui dans sa mort offerte pour qu’enfin la Vie triomphe. Dès le début de l’évangile de Marc, c’est le mystère pascal, déjà, qui est évoqué – s’agit-il d’autre chose, du reste, dans tout le Nouveau Testament ? Et l’évangile de Marc, en particulier, est-il rien d’autre qu’une formidable catéchèse qui nous prépare aux sacrements de l’initiation chrétienne ?

Certes, nous sommes au temps de l’Avent – mot raccourci pour « avènement » –, un temps liturgique que nous savons préparatoire aux solennités de Noël. Mais même en ce temps, c’est la foi chrétienne en son cœur qui est célébrée : l’avènement de Dieu dans la chair des hommes, qui sans doute commence sur la paille de la crèche, culmine à la Croix et porte là tout son fruit de salut. Si Jean-Baptiste est une figure centrale, une icône – avec la Vierge Marie – du temps de l’Avent, c’est parce qu’il nous rappelle cela : regarder le Christ qui vient à nous, c’est regarder son offrande, non seulement pour la contempler de l’extérieur, mais pour s’y unir. L’ombre de la crèche, toujours, dessine une Croix.

COMMENTAIRE DE L’ÉVANGILE DE L’ABBÉ BENOÎT LOBET dans le journal Dimanche de ce 6 décembre 2020

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