L’amour, un gros mot ?

Commentaire de l’Évangile de ce 30éme dimanche : « Quel est le plus grand commandement ? » (Matthieu 22, 34-40)

Notre curé, THOMAS KANIA, a été hospitalisé cette semaine suite à une contamination au Covid. Mais son état général s’améliore ! Nous le confions à vos prières. Prions aussi pour toutes les personnes atteintes de la Covid-19 et leur famille. Que l’Esprit Saint leur donne constance et assurance dans l’épreuve.

Il faut du courage pour regarder le journal télévisé. En effet, les images venant du monde entier sont parfois difficiles à supporter : les effets désastreux de la mousson, les dégâts occasionnés par les ouragans, le meurtre de l’innocent, la faim en recrudescence dans le monde, ce maudit Covid-19 et j’en passe. Un tel bilan pourrait mettre en difficulté notre espérance. Pourtant, des élans de solidarité se manifestent de tous côtés. La pandémie les a admirablement révélés. Alors que le ‘chacun pour soi’ semblait régner définitivement, des petites mains se sont mises à l’ouvrage pour apporter secours et réconfort à ceux qui en avaient besoin. Par ailleurs, nous ne pouvons que nous réjouir de l’attribution récente du prix Nobel de la paix au Programme Alimentaire Mondial. Un tel engagement ne peut susciter en nous que joie et action de grâce. Derrière cela, nous entendons résonner la parole de l’Évangile : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Nous serions en droit de faire nôtre la question du maître de la Loi dans un autre passage évangélique : « Qui est mon prochain ? » et d’entendre la réponse suggérée par Jésus à travers la parabole du Bon Samaritain : « Mon prochain est celui dont je me fais proche. » L’invitation à aimer l’autre est sans doute moins une question de sentiments qu’un style de vie tout orienté vers l’entretien de relations de proximité.

Il nous faut alors éviter deux écueils. Le premier traduit le commandement évangélique dans un altruisme exacerbé qui exige d’aimer l’autre sans faire cas de soi-même. Or l’invitation de Jésus paraît claire, l’amour de soi devient la mesure de l’amour d’autrui et n’a rien de honteux ni de répréhensible. Le second réduit la vie chrétienne à une simple morale fondée sur l’amour de ses semblables. Sans doute, la pointe du propos de Jésus réside-t-elle dans la conjugaison des deux commandements. Mais, il ne fait aucun doute que pour le maître de Nazareth, l’amour de Dieu est fondateur au sens étymologique c’est-à-dire qu’il en constitue la source. Celui qui fait place à Dieu verra sa vie se transformer et s’ouvrir aux autres dans un amour fraternel.

Le disciple-missionnaire est celui qui se laisse aimer de son Dieu et entre dans un admirable échange avec lui. Le disciple-missionnaire est celui qui fait découvrir aux autres qu’ils sont eux aussi choyés par Dieu. Tel l’enfant qui perçoit l’affection de ses parents dans le soin que ceux-ci prennent de lui, celui qui nous rencontre doit percevoir, à travers notre manière d’être, qu’il est aimé du Seigneur.

L’amour est alors un mot qui prend sa consistance lorsqu’il se traduit en actes.

COMMENTAIRE DE L’ÉVANGILE DE L’ABBÉ PASCAL ROGER – Extrait du journal Dimanche de ce 25 octobre 2020.

3 réflexions sur “L’amour, un gros mot ?

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