150è anniversaire de la naissance de Thérèse de Lisieux

“Je passerai mon Ciel à faire du bien sur la terre” dit Thérèse de l’Enfant-Jésus avant de mourir. Depuis lors, les grâces affluent.

Thérèse déclare à sa sœur ainée le 9 juin 1897 qu’après sa mort, “Ce sera comme une pluie de roses” et elle ajoute “Vous irez du côté de la boite aux lettres, vous y trouverez des consolations”.

C’est sur base de cette promesse que les soirées “pétales de roses” sont organisées un peu partout dans le monde.

Dans le cadre du 150è anniversaire de la naissance de Thérèse de Lisieux, une soirée “pétales de roses” est organisée en province de Luxembourg dans le village de Petitvoir (Neufchâteau) dont l’église est dédié à la sainte.

Les hommes et les femmes de ce monde peuvent intercèder auprès de Jésus par le canal de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Elle veut “prendre Jésus par le cœur” comme un petit enfant qui revient à sa mère.

Ainsi, animés par une immense confiance, les participants avancent vers Jésus-Hostie au cours d’une veillée de louange et d’adoration et expérimentent auprès de Lui la force, la consolation, le pardon et la guérison.

Ils sont invités à écrire une lettre à sainte Thérèse de Lisieux par laquelle ils demandent une grâce particulière avec confiance et abandon. Quand ils ouvriront un an plus tard la lettre qu’ils ont écrite à sainte Thérèse, certains seront exaucés…

Mais gardons à l’esprit que notre guérison ultime se verra au Ciel quand nous rencontrerons Celui qui est notre époux bien-aimé qui “essuiera les larmes sur tous les visages” (Isaïe).

Soirée pétales de roses en l’église de Petitvoir (Neufchâteau) le dimanche 1 octobre à 20h.

La soirée sera animée par la Communauté des Béatitudes de Thy-Le-Château.

Venez avec votre conjoint, vos amis et connaissances, chrétiens ou non.

Prenez avec vous de quoi écrire une lettre à sainte Thérèse : papier, bic, enveloppe et timbre.

Jean-Yves Duthoit – 6840 Petitvoir

Pourquoi le 15 août reste-t-il si populaire ?

Les croyants ont beau s’éloigner en masse de la messe dominicale, beaucoup de baptisés continuent d’honorer la Vierge. Ils sentent d’instinct qu’elle chemine avec l’humanité en partageant ses petites joies et grandes misères.

Vierge Marie présente dans l’église de Poupehan.

Le 15 août, les catholiques du monde entier se rassemblent pour prier Notre-Dame. Derrière les ors du folklore, se dévoile une authentique ferveur religieuse, enracinée dans une foi profonde à contre-courant de la sécularisation dominante. Le peuple de Dieu a beau s’éloigner en masse de l’Eucharistie dominicale, beaucoup de baptisés continuent d’honorer la Vierge. Ils sentent d’instinct que celle dont le “oui immaculé” offrit au Verbe (à Dieu NdlR) d’entrer dans notre chair, chemine avec l’humanité en partageant ses petites joies et grandes misères ; que celle qui mit au monde le Sauveur, veille sur chacun avec un cœur maternel.

Ceci nous dévoile peut-être la raison des apparitions mariales, qui semblent des piqûres de rappel, invitant les ouvriers fatigués de l’Église, à ne pas se décourager et déserter la mission de témoigner du Christ. Une constante de chaque manifestation de la Vierge – que ce soit à Guadeloupe, Lourdes, Fatima, Beauraing ou encore Banneux – c’est l’appel incessant à la prière : “Aimez mon Fils… Je voudrais que l’on construise une petite chapelle… Priez beaucoup… ” Je confesse avoir longtemps été quelque peu dérangé – voire agacé – par la banalité de ce genre de message. Bien entendu, on ne s’attend pas à ce que Notre-Dame lance : “Buvez un petit verre de rosé à ma santé”, mais – tout de même – n’avait-elle rien de plus original à nous communiquer ? Ce n’est qu’en avançant en âge… et peut-être même en sagesse, que la dimension essentielle du message marial m’apparut : si nous ne demeurons pas perpétuellement en prière, l’esprit du monde – l’esprit du prince de ce monde – s’empare de notre âme. Et ce, que nous soyons chrétiens fervents ou non ; catholiques pratiquants ou peu ; vivants notre baptême comme prêtre, religieux ou laïc…

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Aujourd’hui, le christianisme de tradition fait place à celui de conviction

La religion ne s’impose pas, elle se propose, mais on ne choisit que ce que l’on connaît. « Ils choisiront quand ils seront grands » est trop souvent une manière de se dispenser d’une éducation religieuse quitte à la laisser aux mains des grands-parents ou de la paroisse.

L’adhésion religieuse fut longtemps une question familiale et sociétale. Aujourd’hui, être né dans un milieu chrétien ne semble plus être une garantie. Que de familles profondément croyantes ont des enfants très à distance par rapport à la foi, voire en opposition à elle. Sans doute sont-ils conditionnés par le climat de notre société, matérialiste, individualiste, et critique par rapport à toute religion, notamment par rapport à celle qui a marqué l’Europe.

Ne réduisons en effet pas la foi à sa pratique cultuelle. Elle est d’abord une manière de vivre, de s’engager. Est-on assez soucieux de cohérence évangélique ?

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Prions de la tête aux pieds !

« Prier implique tout autant une ouverture particulière de notre conscience qu’un retour au souffle et une disposition du corps. Cela touche toutes les dimensions de notre incarnation. » Photo journal Dimanche

A Taizé, il y a quelques années, une élève m’interroge en public : c’est quoi prier ? Elle suscite alors l’hilarité de ses condisciples comme si la réponse allait de soi. Mais lorsque je les interroge, personne n’est capable de lui répondre. La pseudo-évidence révélait un grand vide. Chrétiens, nous avons tous entendu parler de prière, de sacrement, de résurrection… Mais ces concepts sonnent-ils creux ou trouvent-ils en nous un ancrage existentiel ? On peut aussi débiter toute une série d’idées religieuses, témoignant d’une belle culture, mais en les laissant planer dans un ciel dont on resterait éloigné. « Le Ciel est en toi« , disait Angelus Silesius. Si les vérités de foi n’épousent pas notre vérité personnelle, à quoi bon ? La question de mon élève rejoignait celle que je posais à l’âge de six ans à mon institutrice. Que voulait-elle dire en nous invitant à prier « dans » notre cœur ? Je lui demandais concrètement « comment on fait » pour entrer dans son cœur ? Je ne voulais pas seulement en entendre parler. Je voulais le vivre !

Je me demande parfois si le christianisme n’est pas devenu trop cérébral au cours des siècles ? Certes, un christianisme mystique, plus sensible et intériorisé, a toujours existé ; mais la vie spirituelle elle-même me semble parfois trop intellectualisée. On raisonne parfois très bien, mais avec quelle connexion réelle à notre vie ? Bien entendu, il est indispensable d’allier la foi à la raison. C’est un fondement pour toute théologie. Toutefois, attention à ne pas trop cantonner la foi dans des vérités dogmatiques et morales, ou à trop vouloir justifier la vraisemblance de la Révélation chrétienne par des arguments ou des preuves solides ; car on prend le risque de tellement circonscrire le Mystère qu’on l’empêche de se révéler véritablement à nous, en nous, dans toute notre chair humaine. Dieu parle à l’intelligence, mais l’intelligence ne peut s’apparenter à une volonté de contrôle intellectuel qui étouffe la vie spirituelle. On peut exceller dans l’art de parler de la Source mais y a-t-on déjà goûté ?

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Dans un monde qui change, changer de posture

L ’Église catholique connaîtrait-elle une crise terminale ? Certains le disent. Crise, cependant, ne signifie pas nécessairement disparition, mais plutôt mutation et opportunité. Nous ne sommes plus au temps des premiers chrétiens où la voie ouverte par Jésus apparut comme une nouveauté bienfaisante et libératrice, ni à celui des cathédrales où le christianisme imprégnait toute la société. Après un XIXe siècle de résistance à la modernité et le concile Vatican II de l’ouverture, nous sommes devenus ce petit reste évoqué par le prophète Sophonie (1). Nous ne sommes toutefois pas revenus au stade des trois premiers siècles. Le monde et nous-mêmes avons bien changé.

« Nous étions ceux qui détiennent la vérité et qui enseignent. L’espérance chrétienne peut se dire dans un autre langage que celui hérité du catéchisme. Au lieu d’attendre que les gens viennent à nous, nous sommes appelés à les rejoindre là où ils en sont et voir ce qu’il y a moyen de célébrer avec eux sans forcer leur adhésion. » Photo issue du journal Dimanche

Le monde et l’Église

L’air du temps est désormais à la non-évidence de Dieu et à la suspicion à l’égard des religions instituées. Le choc de la science a détourné bien des gens de la foi. Les jeunes ont appris à être heureux sans Dieu. La transmission est en panne. La fuite en avant des technologies dessine une société de plus en plus inégalitaire. Nous assistons aussi à un éloignement anthropologique et éthique par rapport au message chrétien. Ceux qui s’engagent pour une société nouvelle ne se réfèrent ni à l’Évangile ni à l’Église. Et tout cela dans un contexte de crise écologique et civilisationnelle.

L’Église, quant à elle, ne se porte pas bien. Le système clérical ne fonctionne plus. L’institution a perdu toute crédibilité et elle est même devenue un obstacle. La baisse de la pratique religieuse est drastique (moins de 2% de pratiquants réguliers) et la diminution du nombre de prêtres et de bénévoles, catastrophique. Notre discours symbolique apparaît mythologique et ésotérique, compréhensible par la seule tribu. Tout ceci sans parler de la crise des abus.

Le grand risque est de se contenter de survivre, les yeux fixés sur le présent en prenant pour référence un passé révolu. Or, il s’agit de vivre dans ce monde et de donner corps à l’audace et à la radicalité évangéliques. François nous invite sans cesse à être une « Église en sortie« .

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