« Je t’enverrai mourir de soif dans les déserts afin que les fontaines puissent t’enchanter. »
Antoine de Saint-Exupéry
Fabuleux paradoxe : ce n’est pas le trop-plein qui mène à la plénitude, c’est le manque !
« Nos traversées du désert sont des épreuves extraordinairement salutaires, voire salvatrices, pour l’âme, le corps, le cœur et l’esprit. Le vide, lorsqu’il est désencombrement, est annonciateur de plénitude (…) C’est en traversant l’épreuve du feu que l’on atteint le lieu de rafraîchissement… »
Jeûne eucharistique : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la Pierre d’angle… » (Matthieu 21.42)
Jeûne eucharistique : vers le désert du carême
Je lis ça et là, sur les réseaux sociaux, des commentaires amers sur la décision de nos évêques de supprimer le culte public, sauf pour mariages, baptêmes et funérailles en petit comité. Il fallait s’y attendre.
Je comprends l’étonnement, voire le désarroi. Et puis, comme toute décision, elle est sujette à débat ou critique. Moi-même, je mentirais si je prétendais qu’elle ne m’a pas pris par surprise. Si cette mesure inédite prive nombre de fidèles de participer à l’Eucharistie, elle touche le prêtre que je suis dans son identité liturgique.
N’oublions cependant pas l’urgence sanitaire. Cette décision n’a pas été prise à la légère, ou de gaité de cœur par (comme je lis) un haut-clergé devenu fonctionnaire. Elle a été assumée par nos évêques (tout comme par le métropolite orthodoxe ou le responsable anglican), qui savaient que ce ne serait pas facile à comprendre et qu’ils seraient critiqués. (S’ils ne l’avaient pas prise, ils auraient aussi été critiqués).
Si je puis donc entendre de sincères plaintes, il me fatigue le ton de nombre de donneurs de leçons, qui savent toujours tellement mieux que tous les prélats du monde (sauf ceux qui pensent comme eux) ce qu’il faut faire pour sauver l’Église. Prenons garde de nous penser les infaillibles dépositaires de l’inspiration divine…
Ce matin, à l’occasion de ma dernière célébration en public pour quelques semaines, l’Évangile se voulait avertissement. « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle… », lance le Christ. En ce temps de carême, quelle est donc notre Pierre d’angle? Une liturgie, si belle soit-elle? Un sacrement, source de Grâce? … Ou le Christ, lui-même?
En voyant ce jour mon agenda tout chamboulé par toutes ces annulations d’activités planifiées ou conférences préparées, je me suis senti renvoyé vers le silence et l’écoute. Vers le désert du carême. Vers un jeûne que je n’avais pas choisi, ni souhaité, mais qu’il m’était demandé d’accepter dans la paix.
Tel est le message que j’adresse à tous ceux qui vivent mal la décision de nos évêques. Demandez-vous : quelle est ma Pierre d’angle?
Suite aux décisions du gouvernement fédéral à propos de l’expansion du coronavirus et sur demande des autorités communales, le comité d’Entraide et Fraternité a décidé d’annuler le repas haïtien de ce samedi 14 mars à 19h00 !
Suite à cette annulation, les personnes qui veulent manifester leur sympathie et s’inscrire dans cette démarche du carême de partage 2020, aider le peuple haïtien, peuvent verser leur quote-part libre au numéro de compte d’Entraide et Fraternité suivant : BE68 0000 0000 3434 avec la mention « Repas haïtien Paliseul ».
En raison de l’expansion de l’épidémie du coronavirus, les évêques de Belgique décident ce jour de suspendre toutes les célébrations liturgiques publiques dans notre pays. Cette décision est effective dès ce week-end du 14 mars et restera en vigueur jusqu’au vendredi 3 avril au moins.
Les baptêmes, mariages et funérailles pourront se dérouler en cercle restreint.
Pour les autres rencontres et réunions pastorales, la plus grande prudence sera demandée.
Les églises demeureront ouvertes pour la prière ou la méditation personnelle.
Les évêques appellent les croyants à vivre ce carême comme un temps de prière, de conversion, de partage fraternel, et d’une plus grande attention à autrui.
Les textes bibliques habituels de la liturgie continueront à inspirer individuellement ou en famille notre progression vers Pâques.
Les moyens de prier ne manquent pas. Pourtant, de nombreux chrétiens rencontrent des difficultés dans leur vie de prière. Et si prier n’était pas si difficile qu’on le croit ? Découvrez dix façons simples de prier et mettez-vous en présence de Dieu en toutes circonstances.
On apprend à prier en priant. La prière existe dès que nous en avons le désir et que nous commençons à prier. C’est une expérience de foi et d’amour qui se vit au plus profond du cœur. Très discrète, elle frappe à la porte pour nous accompagner partout. La seule chose à faire : lui ouvrir. C’est un don de Dieu qui s’accueille dans la foi en s’y rendant disponible, là où l’on est. Alors, comment prier ? En priant, tout simplement.
« Il est en moi, je suis en lui, je n’ai qu’à l’aimer, qu’à me laisser aimer, et cela en tout temps, à travers toutes choses », écrivait Élisabeth de la Trinité. Vous priez comme vous êtes, comme vous vivez, comme vous croyez, comme vous aimez et comme vous parlez à un ami. Ce sont les cinq premiers sentiers de la prière.
La prière ne marche pas à côté de la vie, elle est dans la vie. Et comme la vie n’est pas parfaite, la prière ne l’est pas non plus. Si vous allez attendre les conditions idéales pour prier, vous ne prierez jamais.
1 Priez comme vous êtes
La meilleure méthode pour prier est la vôtre, encore faut-il la découvrir. La meilleure technique, si technique il y a, est celle qui vous aide le mieux à libérer la prière qui est en vous. Vous avez une prière qui vous appartient et qui s’accorde à votre tempérament, à votre état de vie. Vous n’avez pas à copier la prière des autres. Elle varie selon les jours : demande ou louange, supplication ou action de grâces, vocale ou silencieuse. Qu’importe, vous priez à partir de ce que vous êtes, avec l’âge que vous avez, avec vos joies et vos tristesses, avec votre histoire et votre expérience de vie. Vous priez à partir d’une image de Dieu qui est la vôtre et qui est appelée à changer, à mesure que vous grandissez dans la foi.
Vous vous présentez devant Dieu en sachant qu’Il vous aime tel que vous êtes. Soyez vous-même ! N’est-ce pas le plus beau cadeau que vous puissiez faire à Dieu ? En vous accueillant et en vous aimant tel que vous êtes, c’est Dieu que vous accueillez et que vous aimez comme un père plein de miséricorde.