Éloge de l’authenticité

Homélie de ce dimanche 7 novembre lors de l’assemblée annuelle des évêques de France réunis à Lourdes.

« Église combien tu es contestable, et pourtant combien je t’aime ! Combien tu m’as fait souffrir, et pourtant combien je te suis redevable ! (…) Combien de fois tu m’as scandalisé, et pourtant tu m’as fait comprendre la sainteté » (1).

« L’authenticité ! Dans un monde où la Parole de Dieu est de moins en moins entendue, se laisser nourrir par elle, reste le seul moyen de changer en eau vive la Mer Morte qu’est devenue notre société. Pour nous chrétiens, c’est un devoir d’être authentique, d’avoir la passion et le courage de l’authenticité.« 

Cette émouvante apostrophe est adressée à l’Église par un disciple de Charles de Foucauld, Carlo Carretto, le fondateur des Petits Frères de l’Évangile. J’étais plongé dans sa lecture lorsque me parvint l’invitation à prononcer l’homélie de cette messe célébrée à l’occasion de l’assemblée plénière des évêques. Sur le moment j’ai été abasourdi. Non qu’il s’agît d’une obligation en soi pesante mais, en la circonstance, fort peu dans mes cordes. Parce que la chaire n’est pas le prétoire, j’ai accepté. Les textes liturgiques de ce dimanche seront notre guide : ils tracent un chemin de conversion. J’ai cité en commençant le Père Carlo Carretto, pour la raison que ce Jean Baptiste des temps modernes n’a jamais recouvert de silence ce qui devait être connu, non plus que ses convictions religieuses les plus intimes. Son authenticité me séduit.

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Considérer l’aspect systémique des abus

Voici quatre bonnes pratiques actuelles qui permettent de lutter contre les dérives au sein de l’Église. Le regard du prêtre Eric de Beukelaer.

Eric de Beukelaer. Photo copie d’écran du site todayinliege.be

Dans son rapport sur la pédocriminalité dans l’Église catholique en France, la commission Sauvé a lancé – outre des recommandations pour éradiquer le fléau et faire droit aux victimes – un appel à prendre en compte l’aspect « systémique » du scandale. Quels comportements habituels en Église constituent un terreau propice aux abus ? Pareil examen de conscience interroge les angles morts de la vie ecclésiale, par où le Père du mensonge passe sa langue fourchue. D’aucuns affirment que ces déviances systémiques ne pourront être corrigées que moyennant une révolution ecclésiale, portée par un nouveau Concile. L’avenir reste à écrire, mais la simple mise en œuvre des enseignements du Concile Vatican II permet d’ores et déjà de faire du chemin. Diverses bonnes pratiques actuelles ouvrent la voie. J’en énumère ici quatre, que la démarche synodale proposée par le pape François, pourra davantage encore faire fructifier :

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Le Synode, c’est avec nous aussi !

Notre Pape nous invite à préparer le prochain Synode, qui traite de la « synodalité ».

La synodalité désigne la collaboration en Église, où le mot « décision » est supposé aller de pair avec « consultation et discussion ». « Synodalité » vient, en effet, du grec « sun » (avec) et « hodos » (faire route).

Ce Synode offre donc à tout le Peuple de Dieu l’occasion de discerner ensemble comment avancer sur le chemin pour être une Église plus synodale à l’avenir.

Chaque diocèse est appelé à préparer ce Synode.

Les rencontres en paroisses, dans les mouvements et services se feront d’octobre 2021 à mars 2022.

Le Synode est, comme le dit le pape François,  »un chemin de discernement spirituel ». Un moment de prière privilégié.

N’hésitez pas à consulter le site du diocèse (www.diocesedenamur.be) où des articles seront publiés régulièrement sur le sujet. Le tout, pour ne rien rater, étant regroupé sous l’onglet de la page d’accueil « Synode 2021-2023 ».

La parole aux diocésains après le confinement

Paroles de fraternité

Julos Beaucarne – poète, chanteur, compositeur, écrivain – est décédé le 18 septembre dernier, à l’âge de 85 ans. La lettre magnifique que, refusant la haine, il écrivit à l’assassin au soir de la mort de son aimée, émut un large public et elle nous parle encore aujourd’hui.

Carte publiée par Les Amis de Sœur Emmanuelle

Amis bien aimés,

Ma loulou est partie pour le pays de l’envers du décor. Un homme lui a donné neuf coups de poignards dans sa peau douce. C’est la société qui est malade. Il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre, par l’amour, et l’amitié, et la persuasion.

C’est l’histoire de mon petit amour à moi, arrêté sur le seuil de ses 33 ans. Ne perdons pas courage, ni vous ni moi, je vais continuer ma vie et mes voyages avec ce poids à porter en plus et mes 2 chéris qui lui ressemblent.

Sans vous commander, je vous demande d’aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mettre ensemble pour l’embellir, il faut reboiser l’âme humaine.

Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien-aimée ; il n’est de vrai que l’amitié et l’amour. Je suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses. On doit manger chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller en paradis. Ah ! Comme j’aimerais qu’il y ait un paradis, comme ce serait doux les retrouvailles.

En attendant, à vous autres, mes amis de l’ici-bas, face à ce qui m’arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu’un histrion, qu’un batteur de planches, qu’un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd’hui : je pense de toutes mes forces qu’il faut s’aimer à tort et à travers.

Julos Beaucarne – Texte écrit dans la nuit du 2 au 3 février 1975, après l’assassinat de sa femme.