Frontières et limites

Ou pour le dire autrement, doit-on nier la différence des sexes et des genres ?

Dans notre civilisation moderne, les humains intensifient leur désir de toute-puissance jusqu’à dépasser des limites. Comme nier la différence des sexes et des genres.

Copie d’écran La Libre.be © Pexels

Les frontières de notre vie sont sans cesse à franchir pour élargir notre horizon. Mais n’y a-t-il pas des limites à respecter ? Or le rêve des humains a toujours été de les transgresser. Dans toutes les cultures, des mythes traduisent ce désir de toute-puissance, source de malheur. Adam et Ève, dans la Bible, veulent devenir comme des dieux et de même, chez les Grecs, Prométhée.

La difficulté est de bien distinguer les frontières et les limites. Notre civilisation moderne mondialisée peine à cet exercice, et ce pourrait être sa perte. L’illustration la plus facile est celle de notre consommation. Durant l’été, nous avons franchi la date où notre Terre commence, cette année, à vivre à crédit. Le 28 juillet était le jour du dépassement global et, en Belgique, c’était déjà le 26 mars. Il nous faut actuellement, au niveau mondial, 1,45 planète pour assurer notre mode de vie. Nous avons dépassé les limites.

Au niveau technoscientifique, nous connaissons la même tentation. Tout ce qu’il est techniquement possible doit-il être fait ? Les Grecs parlaient de l’hybris, cette démesure qui s’enracine dans l’orgueil. C’est contre elle que les sagesses antiques et les prophètes d’aujourd’hui nous mettent en garde. On n’arrête sans doute pas le progrès, mais encore faut-il l’orienter.

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